Le Chef de la Transition, a officiellement déposé sa candidature, ce samedi 08 mars 2025 à l’élection présidentielle du 12 avril prochain. S’affichant en candidat « indépendant », Brice Clotaire Oligui Nguema ne se présente pourtant pas en solitaire : il s’appuie sur le Mouvement des bâtisseurs, une structure taillée sur mesure pour canaliser un soutien large et hétéroclite. Derrière cette posture de détachement partisan, se dessine une stratégie bien huilée, où l’indépendance se conjugue habilement avec l’héritage d’un pouvoir dont il est, en grande partie, l’architecte et le principal bénéficiaire.
D’un point de vue strictement légal, la candidature d’Oligui Nguema a nécessité une formalité incontournable : sa mise en « indisponibilité » par le ministère de la Défense. Un passage obligé pour un militaire désireux d’embrasser pleinement la carrière politique. Mais cette séparation administrative, aussi nette soit-elle sur le papier, ne suffit pas à dissiper les critiques : peut-on réellement parler de rupture avec l’appareil d’État lorsque l’on en a tenu les rênes sans partage durant toute la transition ?
Un chantier électoral méticuleusement préparé
Si l’ancien général rejette l’idée de fonder un parti, il n’en demeure pas moins qu’il construit un véritable édifice électoral autour de sa candidature. Le Mouvement des bâtisseurs du président Oligui Nguema, plus qu’une simple plateforme de soutien, ressemble à une coalition implicite, une structure agile permettant de fédérer associations, figures politiques et relais influents de la société civile. En habile stratège, il cherche ainsi à capter les électeurs au-delà des clivages traditionnels, tout en évitant les lourdeurs administratives et idéologiques d’un parti structuré.
Ce positionnement lui offre un double avantage : il peut se targuer d’une indépendance symbolique tout en s’appuyant sur des leviers institutionnels encore à sa portée. Une tactique qui interroge ses adversaires, nombreux à dénoncer un jeu biaisé où l’ancien chef de la transition demeure juge et partie.
Le défi est donc de taille pour l’ancien général : il lui faudra convaincre qu’il n’est pas simplement le continuateur d’un système qu’il prétendait réformer. Dans un Gabon marqué par des décennies de gestion dynastique, sa promesse de renouveau sera scrutée à l’aune de ses actes. S’il veut véritablement incarner un tournant politique, Brice Clotaire Oligui Nguema devra prouver que son indépendance n’est pas qu’un habillage, mais bien la première pierre d’un édifice démocratique pérenne.


























