Libreville, le 6 juillet 2025 – Cadre entrepreneur originaire de la province de la Nyanga, Pamphile Nzoko livre un message sans détour aux siens. Dans une tribune incisive, il interpelle les élites locales, les autorités nationales et les jeunes leaders face à ce qu’il considère comme un abandon structurel de sa province.
« Nous n’avons pas de province de rechange ! » lance-t-il en ouverture, pour souligner l’urgence d’une prise de conscience collective. « Comme vous pouvez le constater, la Nyanga fait partie des dernières provinces du Gabon, malgré sa richesse et sa biodiversité », rappelle-t-il, en posant une question de fond : pourquoi cette province reste-t-elle marginalisée depuis tant d’années ?
L’auteur pointe notamment la responsabilité des élites passées et présentes : « Comment expliquer que les présidents prédécesseurs ont négligé, voire sacrifié, cette province ? » et surtout, « comment expliquer que les cadres de cette province, occupant des hautes fonctions, certains pendant des décennies, n’ont rien fait de concret pour leur province ? » s’interroge-t-il avec amertume.
Autre point de tension : la gestion des ressources naturelles. « Des centaines de billes d’okoumés sortant des forêts de la Doutsila / Mabanda par jour ne sont pas au profit du département qui vit dans la pauvreté, la précarité », dénonce-t-il. Il évoque également des « financements soi-disant dédiés à la province » qui n’auraient « jamais vu le jour ».
Dans un message direct adressé à l’actuel ministre Mamfoumbi, il le prie de « regarder cette situation », notamment en ce qui concerne les projets mal adaptés aux besoins des villages. Il déplore par ailleurs le cynisme de certains responsables : « Comment expliquer que plusieurs cadres politiques, ayant participé à cet état de choses, ont le courage de se présenter à nouveau pour briguer des mandats ? »
Mais la tribune de Pamphile Nzoko est aussi un appel à l’avenir. « Les temps ont changé, même si on a le sentiment que nous retombons dans les mêmes travers, mais les choses ne seront plus les mêmes », écrit-il. Il en appelle à une jeunesse vigilante : « La jeunesse actuelle n’acceptera plus jamais ces dérives. »
Enfin, il exhorte les jeunes leaders à la responsabilité : « Changeons nos mentalités et favorisons le rassemblement et la solidarité, et non les manipulations à des fins personnelles. » Un engagement fort, porté par un espoir : « Nous voulons construire la province. »

























