Depuis le coup d’État militaire du 30 août 2023, qui a conduit à la tenue d’un dialogue national inclusif à Agondjé, le président du mouvement Gabon Nouveau, Mike Jocktane, est resté silencieux sur les bouleversements politiques récents. Soutien clé d’Albert Ondo Ossa, candidat de l’opposition lors de l’élection présidentielle d’août 2023, Jocktane avait jusqu’alors évité de commenter publiquement la transition militaire, ainsi que le processus en cours pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution gabonaise, laquelle sera soumise à un référendum prochainement.
Jocktane, autrefois figure de proue dans le paysage politique gabonais, car les partis n’existent plus pour le moment, est l’un des rares soutiens d’Albert Ondo Ossa à ne pas avoir intégré les sphères du pouvoir pendant cette période de transition. Contrairement à Raymond Ndong Sima, nommé Premier ministre, ou Alexandre Barro Chambrier, promu vice-Premier ministre, et Paulette Missambo, actuelle présidente du Sénat de la Transition, Jocktane et Thérence Gnembou Moutsona n’ont pas été gratifiés de fonctions publiques. Au contraire, les deux hommes ont été temporairement emprisonnés, accusés de délit de préparation d’un coup d’État sans qu’aucune preuve tangible, ni arme ne soit trouvée.
La conférence de presse que tiendra Mike Jocktane ce 8 octobre 2024 s’annonce donc cruciale. Elle sera l’occasion pour lui de dévoiler sa position sur les grandes questions actuelles, en particulier le projet de référendum sur la Constitution, qui divise déjà l’opinion publique. En effet, des figures emblématiques nationales comme Jean Rémy Yama, président de la Confédération syndicale Dynamique Unitaire, par ailleurs sénateur de la Transition, ont soulevé des craintes quant à une potentielle polarisation entre partisans du « OUI » et ceux du « NON ». Les Gabonais attendent donc avec impatience les propositions de Jocktane, espérant qu’il apportera un éclairage nouveau sur les enjeux politiques du moment.
Après plusieurs mois de silence, l’intervention de Mike Jocktane pourrait bien être un tournant dans la configuration politique du Gabon post-transition. Sa vision et ses critiques sur la conduite actuelle du pays seront particulièrement scrutées à l’aube de cette consultation populaire qui façonnera l’avenir institutionnel du Gabon.











































