Deux décennies se sont écoulées depuis l’un des épisodes les plus marquants du rap gabonais : le duel verbal entre Kôba Building et Shad’m, cristallisé dans le morceau « Kriminel au Mic ». Pourtant, la polémique autour de la paternité de ce texte culte ressurgit avec force, alimentée par les déclarations de Kôba Building et les silences énigmatiques de Nephtali.
À l’origine, « Kriminel au Mic » s’imposait comme une réponse tranchante au titre « Black Boa » de Shad’m, dans un contexte où les rivalités entre labels (Dangher Production et Eben Entertainment) structuraient la scène urbaine. Ce clash, loin d’être un simple échange de piques, révélait les tensions artistiques et identitaires d’un mouvement en pleine effervescence.
Aujourd’hui, Kôba Building relance le débat en accusant Nephtali d’entretenir volontairement l’ambiguïté sur son rôle dans l’écriture du morceau « Kriminel au Mic ». Selon lui, Nephtali n’aurait jamais posé un seul vers sur l’instrumental, malgré les rumeurs persistantes qui lui attribuent la plume. Cette mise au point, loin d’être anodine, soulève une question centrale : qui détient la légitimité narrative dans le rap gabonais, et comment se construit la mémoire collective autour de ses morceaux fondateurs ?
Nephtali, de son côté, esquive les accusations avec ironie, préférant mettre en avant son confort matériel plutôt que de clarifier son implication. Ce refus de répondre frontalement alimente les spéculations et renforce l’aura mystérieuse du morceau.
Ce retour de flamme intervient à un moment stratégique : Nephtali est attendu en France pour un clash avec Rodzeng, autre figure du rap gabonais. Le timing interroge. S’agit-il d’un simple hasard ou d’une tentative de repositionnement médiatique ?
Au-delà des querelles d’ego, cette controverse révèle l’importance des récits dans la construction de l’histoire du rap gabonais. Elle rappelle que derrière chaque punchline se cache une bataille pour la reconnaissance, la mémoire et l’héritage culturel.

























