Mélina Marie Nkole Aboughe Obame Comlan a été désignée directrice générale par intérim de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), remplaçant Audrey Christine Chambrier Voua, suspendue de ses fonctions le 6 décembre. Cette nomination intervient dans un contexte de crise marqué par des accusations de malversations financières ayant conduit à la mise à l’écart de six hauts cadres de l’institution, dont Brigitte Anguilet Mba, présidente du conseil d’administration.
En plus des deux dirigeantes, quatre autres responsables ont été suspendus, parmi lesquels l’agent comptable, un conseiller technique, le directeur des prestations sociales et sanitaires et la directrice des ressources humaines. Ces suspensions, prises à titre conservatoire, visent à préserver l’intégrité des enquêtes en cours. Les faits reprochés, bien que non encore détaillés, pointent vers des dysfonctionnements graves dans la gestion de cette institution clé pour la couverture sociale au Gabon.
Mélina Marie Nkole Aboughe Obame Comlan, jusque-là directrice générale adjointe, a vu sa nomination confirmée lors d’une réunion stratégique organisée le 9 décembre au ministère des Affaires sociales. Ce choix s’inscrit dans une volonté de garantir la continuité des services et de restaurer la confiance des usagers, sérieusement ébranlée par ces révélations.
Cette affaire survit dans un contexte économique difficile pour le Gabon, marqué par une incapacité à régler certaines obligations, notamment une subvention de 500 millions de FCFA destinée à la presse. Par ailleurs, le trésor public envisage une levée de fonds de 45 milliards de FCFA sur le marché sous-régional, reflétant une pression budgétaire accumulée. Ces réalités économiques s’ajoutent aux problèmes de gouvernance soulignés par l’indice Mo Ibrahim, qui classe le Gabon au 33e rang africain.
Le remaniement au sein de la CNAMGS s’inscrit dans une série de mesures initiées par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) pour améliorer la transparence dans les organismes publics. Après des décisions similaires touchant la Poste SA et Gabo’Oil, cette suspension massive témoigne d’une volonté de redressement.
Chargée de stabiliser l’institution et d’appuyer les enquêtes en cours, Mélina Marie Nkole Aboughe Obame Comlan doit désormais incarner un nouveau souffle pour la CNAMGS, dans un pays où la lutte contre les malversations reste un défi récurrent.


























