Le sort des étudiants gabonais à l’étranger continue de susciter une vive inquiétude. Après la France et la Russie, c’est désormais aux États-Unis que ces étudiants se trouvent confrontés à une menace d’expulsion, en raison des arriérés accumulés par l’Agence nationale des Bourses du Gabon (ANBG). Ce drame humanitaire, relayé par le quotidien L’Union dans son édition du 9 décembre 2024, met en lumière une gestion alarmante des bourses d’études par les autorités en place.
À la Texas Tech University, plusieurs étudiants gabonais risquent de perdre leur statut académique et leur visa pour défaut de paiement des frais de scolarité. L’un d’eux témoigne avec amertume : « Nous vivons un cauchemar. Sans régularisation, nous serons expulsés et réduits à l’errance. » Ces situations dramatiques ne sont pas nouvelles. Depuis la transition militaire, les retards de paiement de l’ANBG se sont multipliés, plongeant de nombreux étudiants en Afrique, en Europe et maintenant en Amérique dans une précarité insoutenable.
Comment expliquer une telle défaillance, alors que le régime précédent d’Omar Bongo disposait d’un budget plus limité, mais parvenait, malgré tout, à honorer ces engagements cruciaux ? La gestion de l’ANBG concernant les étudiants des États-Unis apparaît de plus en plus dysfonctionnelle. Ironie du sort, son directeur général, propriétaire d’un établissement supérieur, semble incapable d’anticiper ces crises récurrentes, qui ternissent l’image du pays et sapent la confiance des familles gabonaises.
Cette situation rappelle tristement les dérives de l’ancien régime, où la mauvaise gestion des bourses d’études forçait nombre d’étudiants à adopter des moyens de survie répréhensibles : trafic de stupéfiants, prostitution ou mendicité. Aujourd’hui, les mêmes scénarios se répètent sous le label d’un gouvernement autoproclamé « libérateur« . Les étudiants, symboles d’avenir et de progrès, se retrouvent sacrifiés sur l’autel de l’incompétence et de l’improvisation.
Face à cette tragédie, une interrogation s’impose : comment l’État gabonais, qui aspire à se redéfinir sous une transition promettant justice et redressement, peut-il tolérer une telle humiliation pour ses enfants à l’étranger ? Il est urgent d’assainir la gestion des bourses et d’agir avec responsabilité pour éviter que ces jeunes ne sombrent dans le désespoir.


























