Depuis le début de la semaine, le Gabon et la Guinée équatoriale se retrouvent devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour trancher un différend qui dure depuis plus de cinquante ans. Ce conflit porte sur la souveraineté des îles de Mbanié, Cocotier et Conga, situées dans le golfe de Guinée, des territoires potentiellement riches en hydrocarbures. Après les plaidoiries équato-guinéennes, les avocats du Gabon ont présenté leurs arguments mercredi, réaffirmant les droits historiques de Libreville sur ces îlots stratégiques.
Au centre des échanges, une convention signée en 1974 entre les deux États. Ce document, qualifié de « simple bout de papier » par les représentants de Malabo, est au contraire jugé essentiel par Libreville pour justifier sa souveraineté sur les îles de Mbanié, Cocotier et Conga. Les avocats gabonais ont insisté sur la validité de cet accord, soutenant que la Guinée équatoriale avait reconnu, à cette époque, l’appartenance des trois îles au Gabon.
Durant l’audience, les représentants gabonais ont appelé la CIJ à accorder toute son importance à cette convention, arguant qu’elle représente une base solide pour des négociations futures. Ils ont rappelé que cet accord, signé à Bata, en Guinée équatoriale, avait été dûment validé par les autorités des deux pays à l’époque. Toutefois, bien que Libreville ne possède qu’une copie conforme du texte, et non l’original, cela n’affaiblit pas, selon eux, leur position.
Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente honoraire de la Cour constitutionnelle du Gabon, a fermement défendu l’authenticité du document : « Le président Omar Bongo avait fait adresser dès le 28 octobre 1974 une ampliation de la convention à l’ambassadeur de France à Libreville. Cette lettre, retrouvée dans les archives françaises, vient corroborer nos affirmations », a-t-elle déclaré, réfutant ainsi les accusations de Malabo.
De son côté, la Guinée équatoriale continue de nier l’existence de cette convention. Elle revendique la souveraineté des trois îles, Mbanié, Cocotier et Conga, affirmant qu’elles étaient sous contrôle espagnol depuis le 19e siècle. Malgré la proximité géographique des îles avec le Gabon, Malabo prétend que ces territoires sont revenus à la Guinée équatoriale lors de son indépendance.
Les audiences se poursuivront jusqu’à vendredi, après quoi les juges entameront leur délibération.

























