La ville de Mouila, au cœur de la province de la Ngounié, est à nouveau sous le choc après le décès de Laure Carine Mayombo, une jeune Gabonaise de 23 ans. Celle-ci a succombé à un avortement clandestin, orchestré par un médecin de nationalités togolaise et son compagnon burkinabé le 25 septembre 2025. Cette affaire tragique relance les débats sur la médecine illégale et les pratiques clandestines au Gabon, et met en lumière l’urgente nécessité d’une meilleure prise en charge en matière de santé reproductive.
Laure Carine Mayombo, mère d’un enfant en bas âge, se trouvait face à une situation personnelle difficile. Sans emploi, elle ne se sentait pas en mesure d’assumer une nouvelle grossesse, ce qui l’a poussée à chercher une solution pour interrompre celle-ci. Malgré les mises en garde de son compagnon burkinabé, le père de l’enfant à naître, elle a pris la décision de poursuivre un avortement à tout prix.
C’est dans ce contexte qu’elle a sollicité l’aide d’un médecin togolais, une connaissance du couple, qui avait déjà assisté la jeune femme lors de sa précédente grossesse. Malheureusement, ce dernier se trouvait hors du Gabon au moment des faits et a donc dirigé l’opération à distance, via des échanges téléphoniques. Le déroulement de la procédure a rapidement mal tourné, entraînant des complications médicales graves.
Face à l’aggravation de son état de santé, le médecin a conseillé à Laure et à son compagnon de se rendre à l’hôpital régional de Mouila. Cependant, l’arrivée tardive à l’établissement a scellé le sort de la jeune femme. Une échographie a révélé des débris dans son abdomen, témoignant d’une intervention bâclée dans des conditions douteuses, selon les informations recueillies par notre confrère L’Union.
Les autorités locales, aussitôt alertées, ont ouvert une enquête pour élucider les circonstances exactes de ce drame. Le médecin togolais et le compagnon burkinabé de la victime ont été arrêtés et présentés au parquet de Mouila. Tous deux sont désormais incarcérés pour avortement clandestin, un crime sévèrement puni par la loi gabonaise.
Cette affaire tragique met une fois de plus en lumière le fléau des pratiques médicales clandestines et le manque criant de structures de santé reproductive accessibles aux femmes. La régulation et l’accès au planning familial demeurent des enjeux cruciaux pour prévenir de tels drames à l’avenir.

























