Le vendredi 30 mai 2025, lors du Conseil des ministres, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a levé le voile sur une réforme majeure, synonyme de rupture avec les logiques extractivistes. À l’horizon 2029, le Gabon interdira toute exportation de manganèse brut, marquant une inflexion stratégique vers une économie fondée sur la transformation locale.
Cette décision, qualifiée d’« historique » dans le communiqué final, érige la valorisation des matières premières en pilier du développement national. Deuxième producteur mondial de ce minerai, le pays entend désormais cueillir les fruits de sa richesse non plus à l’état brut, mais transformée sur son propre sol. Le manganèse, pierre angulaire de la sidérurgie et de l’industrie des batteries, cessera d’être une manne exportée sans valeur ajoutée.
Transformer chez soi pour bâtir demain
En prônant la transformation locale, le gouvernement ambitionne de faire germer des emplois qualifiés, d’irriguer les savoir-faire techniques et de forger une souveraineté industrielle durable. Il s’agit d’un véritable retournement du sablier économique : passer du rôle de simple pourvoyeur de ressources à celui d’artisan de sa propre croissance. Les recettes fiscales promises par cette réforme permettront à l’État de mieux irriguer les secteurs vitaux du développement.
Conscient des défis d’une telle mutation, l’État accorde un délai d’adaptation de trois ans aux opérateurs miniers. Cette « période transitoire de trois ans est accordée aux opérateurs du secteur pour procéder aux investissements requis, afin d’assurer une mise en œuvre progressive mais irréversible de cette orientation souveraine ». L’installation d’usines de traitement, la formation d’une main-d’œuvre compétente et la modernisation des infrastructures devront accompagner cette révolution silencieuse.
Dans un contexte économique où la diversification devient une urgence, cette mesure d’interdiction d’exportation du manganèse brut hors du pays symbolise un sursaut stratégique. Le Gabon ne veut plus simplement creuser son sol : il veut désormais en forger l’avenir en offrant plus d’opportunités à ses citoyens afin de bénéficier des richesses dont Dieu leur a doté.


























