Le secteur minier occupe une place centrale dans l’amorce du développement du Gabon, dont la volonté devenue immuable est de transformer localement ses matières premières, comme le manganèse, le fer, l’or et bien d’autres. Sous l’impulsion des nouvelles autorités, avec en tête le Président de la République, chef de l’État et du gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, le pays avance résolument vers une industrialisation renforcée. L’interdiction d’exportation des bois en grumes durant la dernière décennie a constitué une étape majeure, permettant notamment à la zone économique spéciale de Nkok de s’équiper de multinationales de transformation du bois, créant ainsi une réelle valeur ajoutée locale. Mais la forêt n’est qu’une facette de l’immense richesse du sol et du sous-sol gabonais.
Le Gabon ambitionne désormais de devenir une puissance minière capable de transformer ses ressources sur place afin de générer davantage de valeur ajoutée et de créer des emplois stables, directs et indirects. Cet objectif s’inscrit dans un contexte où le pays doit concilier développement économique, fortes attentes sociales et impératifs écologiques. En tant que « poumon vert » de la planète au cœur du bassin du Congo, le Gabon doit préserver ses écosystèmes tout en exploitant rationnellement ses ressources.
Le pays est largement connu pour son exploitation du manganèse depuis 1962 à Moanda, dans le Haut-Ogooué, avec plus de 7 millions de tonnes exportées en 2024, représentant 23 % du commerce mondial. Ce record fait du Gabon le premier producteur mondial de manganèse. La transformation locale a franchi une étape décisive grâce au Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), inauguré en 2015 par Eramet-Comilog. Il s’agit de la première unité de transformation du manganèse en Afrique subsaharienne, produisant du silicomanganèse et du monoxyde de manganèse, utilisés dans l’acier, les batteries et l’agriculture.

Le lancement du Complexe Industriel de Moanda (CIM) dans les années 2000 a bénéficié de la détermination d’un homme, Monsieur Marcel Abeke, ancien directeur général de Comilog, véritable capitaine d’industrie dont la réputation dépasse les frontières. Son passage au ministère du pétrole a confirmé son expertise : en moins de deux ans, il a sorti le secteur de son atonie grâce à la signature de nombreux contrats et à une relance globale qui a redonné dynamisme au domaine pétrolier.
Le Gabon souhaite aujourd’hui valoriser le manganèse au-delà de Moanda, notamment à Okondja, Franceville et Ndjolé. Mais son potentiel minier dépasse largement ce minerai. Les gigantesques mines de fer de Belinga, découvertes dans les années 1950 dans l’Ogooué-Ivindo, constituent l’un des projets les plus ambitieux du pays. Mené par Fortescue Metals Group en partenariat avec l’État gabonais et d’autres investisseurs, Belinga regorge de plus d’un milliard de tonnes de minerai. Ce gisement implique la construction de routes, rails et infrastructures énergétiques susceptibles de remodeler durablement l’économie nationale et de redessiner la carte industrielle du pays.

La mine de fer de Baniaka, située entre Bakoumba, Franceville et Boumango, possède plus de 2 milliards de tonnes de minerai avec une teneur supérieure à 62 %. Une production annuelle de 5 millions de tonnes débutera en 2026, puis atteindra 10 millions de tonnes à terme, générant 700 emplois directs et 2 000 emplois indirects.
La potasse dans la Banio, exploitée par l’entreprise américaine Millennial Potash, constitue un autre pilier stratégique. Avec 656,6 millions de tonnes de ressources indiquées à 15,9 % de KCl et plus d’un milliard de tonnes présumées, le potentiel est colossal. Dans un contexte mondial où la sécurité alimentaire devient prioritaire, la potasse gabonaise pourrait devenir un ingrédient majeur des engrais et positionner le Gabon comme un acteur clé du marché global.
Le pays mise également sur l’or, longtemps exploité artisanalement. La structuration de cette filière autour du Comptoir gabonais de collecte d’or, piloté par la Société équatoriale des mines (SEM), attire des investisseurs comme Managem à Eteke, avec des réserves probables de 452 000 onces, ou Apollo Minerals à Silanie, où une raffinerie est déjà installée à Nkok. D’autres projets émergent, notamment à Kroussou dans la Ngounié, avec l’exploration du zinc, du plomb et du gallium, un minerai rare.

Le grand défi reste la transformation locale. Le Gabon a fixé à 2029 l’interdiction d’exporter du manganèse brut, inscrivant le pays dans la stratégie des « minéraux verts ». Cette ambition implique d’importants défis logistiques, énergétiques, commerciaux, environnementaux et sociaux. Le Code minier de 2019 impose aux compagnies de contribuer aux communautés locales et de respecter des règles strictes de protection environnementale, dans un pays où 88 % du territoire est forestier.
Pour réussir ce tournant, le Gabon doit s’appuyer sur ses talents. Il serait stratégique d’intégrer des experts tels que Marcel Abeke, dont l’expérience et la vision constituent des atouts majeurs pour piloter cette transformation et assurer au pays une trajectoire minière solide et durable.


























