C’est le ministre de l’Administration territoriale, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, porte-parole du gouvernement, qui a annoncé la mort de Sadio Camara à la télévision nationale ce dimanche. Le ministre de la Défense a été tué avec plusieurs membres de sa famille lors de l’assaut contre la cité militaire de Kati, samedi 25 avril. Un deuil national de deux jours a été décrété à compter du lundi 27 avril, et un hommage officiel lui sera rendu.
Né en 1979 à Kati et formé à l’École militaire interarmes de Koulikoro, Sadio Camara avait suivi des formations aux États-Unis, en Russie et en Chine. Commandant du Prytanée militaire de Kati entre 2016 et 2020, il était devenu l’une des figures centrales du pouvoir militaire malien depuis les coups d’État successifs.
Des attaques coordonnées sur plusieurs villes stratégiques
Les assauts, lancés très tôt samedi matin, ont été revendiqués conjointement par le JNIM, fondé par le djihadiste Iyad Ag Ghaly, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), coalition de mouvements indépendantistes touaregs. Les villes ciblées incluent Kati, Sévaré, Gao, Bamako et Kidal, toutes des places fortes militaires ou symboliques pour le régime detransition.
À Bamako, le gouverneur Abdoulaye Coulibaly a instauré un couvre-feu nocturne de 21h à 6h pour une durée initiale de 72 heures, susceptible d’être prolongée. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent un immeuble partiellement réduit en débris à Kati, des hommes en uniforme visibles sur le site de l’explosion.
Kidal : situation confuse, combats signalés
La situation reste particulièrement tendue à Kidal, bastion touareg repris par Bamako en 2023 avec l’appui des paramilitaires russes du groupe Wagner. Des sources proches des rebelles font état d’une reprise partielle du contrôle territorial par les insurgés et d’un départ du gouverneur El Hadj Gamou, des informations que l’armée malienne n’a pas confirmées. De nouveaux combats y ont été signalés ce dimanche matin.
Sur le plan international, le secrétaire général de l’ONU António Guterres s’est dit « profondément préoccupé » et a appelé à un soutien coordonné de la communauté internationale face à la menace djihadiste au Sahel. La mort de Sadio Camara marque un tournant dans la crise sécuritaire malienne : jamais un ministre en exercice n’avait été tué dans une attaque terroriste d’une telle ampleur.


























