Libreville, 26 janvier 2026 – La maison Georges Rawiri, rythmée par le va-et-vient des professionnels de l’information, s’est muée ce lundi matin en théâtre de crispations sociales rapporte notre confrère de l’AGP. Des agents grévistes de Radio Gabon et de Gabon Télévision s’y sont regroupés pour protester contre l’instauration d’une fiche d’identification exigée pour accéder aux locaux depuis le samedi 24 janvier. Une formalité administrative devenue, aux yeux des syndicats, l’étincelle rallumant les braises d’un conflit encore fumant.
Selon les agents mobilisés, l’obligation de renseigner et de signer ce document constitue une entrave déguisée à leur liberté de travail. « Ce lundi, à notre arrivée, l’accès à nos locaux était conditionné par l’inscription de nos noms sur une liste et la signature d’un document dont nous ne connaissons ni la teneur ni l’origine », a dénoncé Hervé Ndzigue, président du Syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM). Pour lui, cette exigence s’apparente à un verrou posé sur la porte du service public, comme si l’encre d’une signature valait désormais laissez-passer.
Le responsable syndical s’interroge sur la cohérence d’une telle mesure dans un contexte fragile. « Nous nous demandons comment faire respecter la volonté du ministre qui souhaite une reprise sereine du travail. Je ne connais aucune administration où l’on est obligé de signer un engagement pour entrer travailler, encore moins dans un contexte aussi délicat », a-t-il insisté, rappelant que la base syndicale avait pris l’engagement, vendredi à 22 heures, de reprendre les activités dès le samedi matin.
Face à ces accusations, l’administration tente de désamorcer la polémique. Pour la directrice générale de Radio Gabon, Claudette Okome Ewore, la fiche incriminée n’a rien d’un instrument de coercition. « C’est uniquement pour des raisons de sécurité. Nous sommes dans un environnement hautement stratégique, surtout en cette période sensible. Ceux qui sont venus réellement pour travailler ont rempli la fiche et exercent sans difficulté », a-t-elle expliqué, réfutant toute volonté d’entraver l’accès à la maison Georges Rawiri.
Elle a souligné que la levée de la grève n’avait pas été officiellement notifiée à l’administration. « Nous l’apprenons par vous. Comme la grève a été déclenchée par une assemblée générale, il serait souhaitable que sa suspension soit également actée par ce même cadre », a-t-elle précisé, ajoutant que la fiche serait retirée dès réception d’une notification formelle.
De son côté, le directeur général du groupe Gabon Télévision, Jean Robert El-Mut Moutchinga Boulingui, a évoqué des avancées concrètes dans le traitement des revendications. « Tout a été conclu dans le sens des revendications. La régularisation des situations administratives est en cours et la prime de rendement sera versée entre fin mars et début avril », a-t-il assuré, annonçant également la création d’un comité de réflexion chargé de veiller à la mise en œuvre des engagements dans les jours.

























