Le 14 avril 2026, le Complexe scolaire d’Alibandeng à Libreville a servi de cadre à un atelier stratégique co-organisé par les ministères gabonais de l’Éducation nationale et de la Santé, en collaboration avec l’UNESCO. Objectif : réviser et consolider les résultats de deux enquêtes mondiales conduites en 2024 dans les établissements scolaires du pays.
Cinquante experts mobilisés autour d’une même priorité
Une cinquantaine de participants ont pris part aux travaux : responsables techniques ministériels, partenaires institutionnels, représentants d’ONG et associations actives dans le domaine de la jeunesse. Cette diversité de profils a permis d’aborder les données sous plusieurs angles — sanitaire, éducatif et social — afin d’enrichir les analyses avant leur publication officielle.
Deux enquêtes complémentaires pour un portrait global
Les discussions ont porté sur deux dispositifs distincts mais complémentaires.
Le premier, le Global School-based Student Health Survey (GSHS), a recueilli les réponses de 4 000 élèves âgés de 13 à 17 ans sur leurs comportements, leur santé physique et leur bien-être mental. Le second, le Global School Health Policies and Practices Survey (G-SHPPS), a interrogé 800 directeurs d’établissements sur les politiques de santé appliquées dans leurs structures.
Ensemble, ces deux outils dressent un état des lieux inédit de l’environnement sanitaire scolaire au Gabon.
Des résultats qui appellent une réponse urgente
Plusieurs indicateurs issus de ces enquêtes interpellent directement les autorités.
Concernant la sexualité précoce, 29,9 % des filles et 52,7 % des garçons de 13 à 17 ans déclarent avoir déjà eu un rapport sexuel. Ces chiffres soulèvent des questions importantes sur l’éducation à la vie affective et sexuelle dans les programmes scolaires.
Plus préoccupant encore : 22,4 % des élèves affirment avoir ressenti des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Ce taux alarmant met en lumière l’urgence de renforcer le soutien psychosocial au sein des établissements gabonais.
Une méthodologie participative pour des recommandations solides
L’atelier s’est structuré en deux phases. Des groupes de discussion thématiques, animés par le responsable du programme O3 de l’UNESCO, ont permis d’affiner les analyses et de formuler des recommandations concrètes. Une session plénière de restitution a ensuite synthétisé les conclusions pour l’ensemble des participants.
Les rapports finalisés seront diffusés à l’échelle nationale et mis à disposition sur les plateformes de l’UNESCO et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Vers des politiques publiques fondées sur des données fiables
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Éducation de l’UNESCO. Elle traduit la volonté du Gabon de fonder ses politiques publiques, en matière de prévention, d’éducation à la santé et de protection de la jeunesse, sur des données scientifiquement validées et internationalement comparables.
Les résultats de ces enquêtes pourraient ainsi guider de futures réformes curriculaires et le déploiement de dispositifs d’accompagnement psychologique dans les écoles gabonaises.


























