Libreville, 8 juillet 2025 , dans la grande symphonie urbaine de Libreville, où le klaxon est la note dominante et le trottoir une suggestion facultative, une question épineuse se pose avec la persistance d’un moustique en pleine saison des pluies : faut-il infliger des amendes aux piétons qui préfèrent le grand frisson de la traversée dangereuse aux joies tranquilles des passerelles ? Car, avouons-le, nos concitoyens piétons ont développé une relation disons créative, avec ces ouvrages d’art censés garantir leur sécurité.
On pourrait presque organiser un concours : « Trouvez les passerelle utilisées ! ». Les candidats seraient nombreux, mais les gagnants, eux, se feraient rares. À Petro Owendo, au Carrefour SNI, à Plein Ciel, ou encore devant les vénérables murs des lycées Léon Mba et État, le spectacle est le même : des piétons, tels des kamikazes de la mobilité, défient les lois de la physique et du bon sens en traversant la chaussée. On imagine les automobilistes, le volant serré, se demandant si leur voiture n’a pas soudainement développé des propriétés magnétiques pour attirer les imprudents.
Face à cette hécatombe potentielle, les autorités se grattent la tête. Faut-il sortir l’artillerie lourde? Installer des caméras pour traquer les contrevenants comme s’ils étaient des suspects de haute volée? La suggestion de publier leurs visages sur Facebook, voire de les diffuser au journal télévisé de 20h, relève du génie comique. Imaginez le générique : « Et maintenant, le JT des piétons dangereux ! Ce soir, découvrez la technique de traversée acrobatique de Monsieur X, qui a osé ignorer la passerelle du lycée Y ! un exploit qui lui vaudra peut-être une amende… ou une ovation du public ! »
Plus sérieusement (ou pas), une campagne de sensibilisation massive, couplée à une politique de fermeté, pourrait peut-être faire réfléchir certains. Car si la sécurité est l’affaire de tous, certains semblent prendre cette responsabilité avec la légèreté d’une plume au vent. Il est temps de rappeler que les passerelles ne sont pas là pour décorer, mais pour sauver des vies. Et si la menace de devenir une star éphémère des réseaux sociaux est le seul moyen de les convaincre, alors peut-être que le ridicule finira par être la meilleure des pédagogies. Après tout, qui ne voudrait pas être célèbre pour avoir refusé de prendre une passerelle ? C’est un peu le nouveau sport extrême à Libreville !
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi, journaliste stagiaire


























