déLacision de la mairie du 6ᵉ arrondissement de Libreville de sévir contre les véhicules stationnés de manière prolongée sur le domaine communal, considérés comme « voitures fantômes « , mérite une attention particulière. Derrière l’apparente fermeté de l’avertissement lancé par le maire Daniel Nkoulou Abessolo, se dessine une problématique urbaine qui gangrène depuis trop longtemps le quotidien des habitants : l’occupation anarchique de l’espace public par des voitures hors d’usage ou abandonnées.
En annonçant que tout véhicule non déplacé sera considéré comme abandonné et soumis à des mesures de réquisition et de taxation, la municipalité affiche une volonté claire de restaurer l’ordre. Cette démarche, loin d’être punitive, s’inscrit dans une logique de salubrité et de fluidité de la circulation. Les carcasses de voitures laissées à l’abandon ne sont pas de simples objets encombrants : elles constituent des foyers d’insalubrité, des obstacles à la mobilité et parfois même des menaces pour la sécurité des riverains.
Cependant, si l’initiative est salutaire, elle appelle aussi à une réflexion plus large. La multiplication de ces voitures fantômes témoigne d’un déficit de gestion urbaine et d’un manque de solutions alternatives pour les propriétaires. Où déposer un véhicule hors d’usage ? Quelles filières de recyclage ou de récupération sont mises en place ? La critique constructive doit pointer ces zones d’ombre : il ne suffit pas de sanctionner, il faut accompagner.
La mairie a eu le mérite de privilégier la sensibilisation avant la répression, invitant les citoyens à faire preuve de civisme. Mais pour que cette opération soit durable, elle doit s’inscrire dans une politique globale de gestion des déchets et de modernisation du stationnement. Sans cela, le risque est grand de voir les mêmes problèmes ressurgir ailleurs, déplacés plutôt que résolus.
L’avertissement lancé par la mairie du 6ᵉ arrondissement est une étape nécessaire et courageuse. Il traduit une volonté de redonner à Libreville un visage plus ordonné et plus sain sans ces voitures fantômes. Mais il gagnerait en efficacité s’il s’accompagnait d’une stratégie intégrée, où la sanction se conjugue avec la création de solutions pérennes.


























