Libreville, Gabon – Les rues de Libreville ont été le lieu d’une scène d’une rare violence et d’une profonde tristesse, révélant une affaire glaçante de prostitution forcée et de maltraitance impliquant une mineure de 17 ans, Emeline (nom d’emprunt). Orpheline de ses deux parents, la jeune fille était sous la tutelle de sa tante, une relation qui s’est transformée en un véritable cauchemar. Les faits, tels qu’ils ont été rapportés et documentés, dressent le portrait d’un système de prédation où l’innocence est sacrifiée sur l’autel de l’argent facile, et où le lien familial est perverti en instrument d’ exploitation.
Depuis le décès de ses parents dans un accident de voiture, le destin d’Emeline a basculé. Sa tante, censée être un pilier de soutien et de protection, s’est révélée être le bourreau de la jeune fille. Les aveux d’émeline, rapportés par des témoins, font état de viols répétés, orchestrés par sa propre tante qui la « procurait » à des hommes plus âgés en échange d’argent. Cette pratique, d’une gravité extrême, a privé Émeline de son enfance et de son droit fondamental à l’intégrité physique et psychologique. L’interdiction d’aller à l’école et de fréquenter le voisinage, imposée par sa tante, visait à isoler la victime et à étouffer toute tentative de dénonciation, renforçant ainsi le contrôle et le silence autour de ces actes répréhensibles.
L’horreur ne s’arrête pas là. Emeline confie avoir été contrainte, dès l’âge de 14 ans, à des relations sexuelles avec des hommes plus âgés. L’année dernière, sa tante aurait organisé une relation forcée avec un homme plus âgé, recevant des paiements en contrepartie. Cette relation a été marquée par des violences physiques répétées de la part de cet homme, qui utilisait des accessoires de strip-tease lors des rapports imposés. Le point culminant de cette violence a été atteint lorsque, apprenant la grossesse d’Emeline, cet individu l’a violemment agressée, lui portant des coups de poing au ventre qui ont provoqué une hémorragie. Dans un état critique, la jeune fille a réussi à fuir le domicile, avant d’être retrouvée inconsciente en bordure de route par une bonne samaritaine qui l’a immédiatement transportée au Centre Hospitalier Universitaire (C.H.U.) d’Owendo.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables au Gabon. La défaillance des structures familiales, le manque de surveillance et, potentiellement, le silence des voisins ou des témoins, ont permis à cette tragédie de se dérouler. L’appel à l’aide lancé pour soutenir Emeline financièrement, via un numéro Airtel Money, témoigne de la mobilisation citoyenne face à cette détresse. Il
est impératif que les autorités compétentes, notamment le Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, ainsi que le Ministère des Affaires Sociales et de l’Inclusion, prennent cette affaire en main avec la plus grande diligence. Le dépôt d’une plainte à la police est une étape essentielle, mais elle doit être suivie d’une enquête approfondie pour identifier et traduire en justice tous les responsables, y compris la tante et l’agresseur. La protection de l’enfance est une responsabilité collective, et des mesures concrètes doivent être mises en place pour prévenir de tels drames à l’avenir.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi journaliste stagiaire


























