Le jeudi 18 avril dernier, lors de la traditiinnelle conférence de presse tenue dans le cadre des assises du Dialogue national inclusif, au sein de la sous-commission « Equipements, infrastructures, transports, travaux publics et communication », les représentants des médias ont soulevé la question épineuse du modèle économique, estimant qu’un soutien des autorités est nécessaire pour garantir une authentique liberté de la presse.
« À maintes reprises, nos autorités ont affirmé que nous avions la liberté de créer nos organes de presse et de trouver notre propre modèle économique pour subsister. Je m’oppose fermement à cette notion, car dans les grandes nations, l’État accompagne la presse pour garantir une réelle liberté d’expression. Les États-Unis en sont un exemple éloquent », a souligné Roland Olouba Oyabi de la Rédaction de Gabon Mail Infos, lors de son allocution.

Appuyant ses dires, il a énuméré cinq sources de financement de la presse aux États-Unis : une subvention gouvernementale accordée aux médias légitimes, le soutien financier des entreprises via la publicité, les dons des fondations à des fins fiscales, les recettes issues de la vente directe des journaux par les entreprises de presse elles-mêmes, ainsi que les contributions financières des lecteurs. Cette approche permet une liberté de la presse authentique, permettant à chaque entreprise médiatique de financer la formation de ses journalistes et le développement de son personnel.
La question de la redevance a également été soulevée par le Directeur de publication du journal Tendance Gabon, Jean Daniel Fotso Eyi, condamnant la double imposition de l’État. En effet, la Haute Autorité de la Communication (HAC) exige une redevance des organes de presse, déjà fragilisés par l’absence d’un cadre propice à leur épanouissement. Cette redevance, dont le montant minimum s’élève à 500 000 FCFA, vient s’ajouter aux impôts existants, voire aux exigences techniques. Cumulativement, ces charges financières privent les organes de presse des bénéfices de la subvention allouée par le Ministère de la Communication et des Médias, perpétuant ainsi une situation de précarité sous l’apparence fallacieuse de l’aide gouvernementale.
Le dernier point soulevé par les professionnels concerne la liberté de la presse. Ces derniers déplorent que la dépénalisation des délits de presse ne soit pas respectée dans le pays. L’affaire de notre confrère Dépêches 241 contre l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a été citée en exemple.
Les professionnels des médias aspirent à une réelle liberté de la presse, soutenue par des moyens économiques conséquents, afin de s’épanouir dans le respect des lois et des principes édictés au terme des délibérations du Dialogue national d’Angondjé.


























