Donald Trump, président des États-Unis, a intenté une poursuite contre le New York Times et quatre de ses journalistes, leur reprochant d’avoir publié, peu avant l’élection de 2024, une série d’articles et un livre qui visaient à « nuire à sa réputation commerciale, personnelle et politique ». Dans cette plainte déposée en Floride, il réclame 15 milliards de dollars de dommages-intérêts, estimant avoir subi des pertes économiques considérables.
Les défendeurs cités incluent. The New York Times Co., les journalistes Susanne Craig, Russ Buettner, Peter Baker et Michael S. Schmidt, ainsi que Penguin Random House, éditeur du livre de Craig et Buettner.
La poursuite affirme que les publications ont été programmées « au plus fort de la campagne électorale » pour causer un maximum de tort à sa candidature. Le Times a réagi avec fermeté en qualifiant la plainte « d’infondée » et de tentative « d’intimidation du journalisme indépendant ». L’éditeur A.G. Sulzberger a dénoncé une action « frivole » et alerté sur « la campagne anti-presse » de M. Trump. Penguin Random House a lui aussi défendu ses auteurs, rappelant son attachement aux valeurs du premier amendement.
Cette action judiciaire s’inscrit dans une série de procès médiatiques engagés par Donald Trump. En juillet, un différend avec CBS s’est réglé par un accord à l’amiable de 16 millions de dollars. L’année précédente, ABC News avait également conclu un accord de 15 millions. Trump a poursuivi le Wall Street Journal pour un article lié à Jeffrey Epstein et a menacé à plusieurs reprises le Times concernant des publications compromettantes.
Déjà en 2021, il avait attaqué le journal sur ses finances, mais l’affaire avait été rejetée en 2023.
La nouvelle plainte cite trois articles précis. Le premier, adapté du livre Lucky Loser de Craig et Buettner, décrivait comment The Apprentice aurait façonné l’image de Trump en dirigeant prospère. Le second, signé Peter Baker, reprenait des anecdotes de ce même livre ainsi que de l’ouvrage de Mary Trump, insistant sur les nombreuses accusations visant le candidat républicain. Le troisième, rédigé par Michael Schmidt, rapportait les propos de John F. Kelly, ancien chef de cabinet, selon lesquels Trump pourrait « gouverner comme un dictateur » et aurait qualifié des soldats américains morts au combat de « perdants ». Trump nie ces déclarations.
La plainte reproche également au Times son soutien éditorial à Kamala Harris en 2024, présenté comme une démarche « dérangée ». Elle dénonce l’idée que Mark Burnett, producteur de The Apprentice, ait découvert Trump, rappelant qu’il était déjà « une mégacélébrité et un homme d’affaires extrêmement prospère ».
Les avocats de Trump soutiennent que la « réelle malveillance » du journal est démontrée par une accumulation d’articles remontant à son premier mandat, qui auraient sapé la confiance du public.
Trump a déclaré sur les réseaux sociaux être « fier » de tenir le Times pour responsable de « décennies de mensonges », évoquant ses succès judiciaires précédents contre Paramount et ABC. L’affaire a été confiée au juge Steven D. Merryday, nommé par George H. W. Bush.

























