L’ancien porte-parole de la présidence gabonaise, Jessye Ella Ekogha, a été mis en libération provisoire discrètement après une longue hospitalisation, selon une publication de Jeune Afrique datant du 17 mai 2024. Transféré de la prison centrale de Libreville à l’hôpital militaire Omar-Bongo-Ondimba en raison de la détérioration de son état de santé, il a bénéficié d’une libération provisoire, décidée par la justice le 14 mai dernier, pour permettre un suivi médical approprié.
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Proche de Noureddin Bongo Valentin, Jessye Ella Ekogha avait été arrêté suite au coup d’État du 30 août dernier, orchestré par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) sous la direction du général président Brice Oligui Nguema. Membre influent de la « Young Team », il avait été incarcéré avec ses alliés, dont Ian Ngoulou, les fils Oceni, et Cyriaque Mvourandjiami, tous accusés de « haute trahison contre les institutions de l’État » et de « détournements massifs des deniers publics ». Alors que ses compagnons demeurent en détention préventive dans un bâtiment annexe de la prison, Jessye Ella Ekogha a reçu un traitement de faveur avec cette libération provisoire.
Jessye Ella Ekogha, 36 ans, titulaire de la double nationalité française et gabonaise, est connu pour sa proximité avec Sylvia Bongo Ondimba. « Il avait dirigé la communication de sa fondation avant de devenir conseiller spécial à la présidence en novembre 2019 », rappelle Jeune Afrique. Il avait succédé à Ike Ngouoni Aila Oyouomi, condamné pour détournement de fonds publics dans le cadre de l’opération anticorruption « Scorpion » et libéré le 3 avril.
Cette libération provisoire de Jessye Ella Ekogha soulève de nombreuses controverses. Il est accusé d’avoir menacé des journalistes de fermeture de leurs organes de presse. Fils de Jean-Claude Ella Ekogha, ancien chef d’état-major général des armées, Jessye Ella Ekogha est diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Sa libération provisoire pourrait être perçue comme le fruit de solidarités militaires, héritées de ses relations familiales et de son parcours personnel.
Avant son arrestation, Jessye Ella Ekogha contrôlait la communication du Palais du bord de mer avec une main de fer, en contraste avec son prédécesseur Ike Ngouoni. Il avait instauré une véritable guerre contre les médias indépendants, enfreignant dans sa démarche de chef d’entreprise de presse les règles élémentaires d’éthique et de déontologie journalistiques. Sous son mandat, plusieurs médias avaient donc été créés pour attaquer les opposants médiatiques, et nombreux sont ceux qui ont disparu avec son incarcération. De plus, il est accusé d’avoir orchestré l’exclusion de nombreux organes de presse des événements officiels et de priver de publicité les médias critiques envers Ali et Sylvia Bongo.
Le dernier scandale en date imputé à Jessye Ella Ekogha aurait été son ordre donné à Rodrigue Mboumba Biwaou, ministre de la Communication, de suspendre internet et les chaînes internationales diffusant au Gabon avant l’annonce des résultats des élections générales d’août dernier.
La libération provisoire de Jessye Ella Ekogha pourrait déclencher un tumulte médiatique dans les jours à venir, révélant les dynamiques de pouvoir et les jeux d’influence au sein du gouvernement gabonais. La presse nationale et internationale suit de près cette affaire, prête à en dévoiler les dessous complexes et les implications politiques.


























