La presse privée et publique savaient que plusieurs de leurs malheurs, notamment la réduction de la subvention, l’exclusion de la publicité de certaines entreprises, le refus de la couverture médiatique des événements institutionnels et la nomination de certains responsables dans les administrations publiques et parapubliques au niveau des services de la communication venaient de Jessye Ella Ekogha, mais elles n’avaient jamais pensé qu”il serait à l’origine de la suspension de France 24, TV5, RFI et d’internet au Gabon pendant l’élection présidentielle de 2023.
Jessye Ella Ekogha, ancien community manager de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba puis Conseiller spécial, porte-parole du président de la République, va vraiment laisser des stigmates de sa torture de la presse gabonaise, dans la mémoire collective. Pour preuve, Jessye Ella Ekogha a ordonné la suspension des chaînes internationales au Gabon, notamment France 24, TV5 et RFI pendant la période électorale. C’est l’information rapportée par notre confrère de GMT.
L’ancien porte-parole du clan Ali et Sylvia Bongo Ondimba avait mandaté Rodrigue Mboumba Bissawou, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement à parler au nom de la Haute autorité de la Communication (HAC) mentionnant « un manque d’objectivité et d’équilibre dans le traitement de l’information en lien avec les élections générales en cours »., a rappelé notre confrère.
Cet ancien membre influent de la triste célèbre “ La Young team” ou “ Les collégiens du bord de mer”, comme savait les appeler le journaliste Télesphore Obame Ngomo, aurait contribué même à l’arrivée de Rodrigue Mboumba Bissawou au gouvernement pour mieux contrôler la presse et pour mieux financer ses médias en période électorale, au détriment du plus grand nombre comme medias241, La République, La Libreville, La République 241, One Gabon et bien d’autres.
Outre la suspension de France 24, TV5 et RFI, Jessye Ella Ekogha aurait ordonné aussi la suspension d’internet pour mener à bien l’opération de tricherie qui a conduit à la proclamation de la victoire d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle 2023,à 3 heure du matin, heure locale.
« D’ailleurs, si la responsabilité de ces actes antidémocratiques est principalement imputée au gouvernement dirigé par Alain Claude Bilie-By-Nze, des sources proches de l’ancien régime indiquent l’ordre de la suspension des médias internationaux provenait de la Présidence de la République. Selon la même source, c’est le Conseiller spéciale Jessye Ellah Ekogha qui aurait ordonné cette mesure », a rapporté notre confrère de Gabon media time avant d’ajouter : « Autres faits marquants de la toute puissance de Jessye Ella Ekogha qui avait la mainmise sur le ministère de la Communication, le refus d’accréditation de plusieurs médias étrangers dont Pierre Lepedi du journal Le Monde. « La veille de l’élection, une envoyée spéciale de Jeune Afrique, Jeanne Le Bihan, qui avait fait l’effort de se rendre à Libreville avait été renvoyée vers Paris le 21 août dernier », a révélé notre confrère citant une source de JeuneAfrique.
Outre ces agissements anti-démocratiques, notre Rédaction avait été informée qu’il était à l’origine du limogeage du ministre Yves Fernand Manfoumbi comme porte-parole du Gouvernement, pourtant mieux aguerri et plus qualifié que son poulain Rodrigue Mboumba Bissawou.
Toujours selon un ministre du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nze dissout car emporté par le coup de force militaire du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), le 30 août 2023, Jessye Ella Ekogha était derrière la nomination de plusieurs conseillers en communication dans les ministères. Cette démarche lui permettait de mieux surveiller les actions de certains ministres et d’empêcher à la presse privée hostile à ses méthodes de ne jamais couvrir les événements ou actions institutionnelles. Selon notre enquête menée après cette révélation, plusieurs ne connaissaient rien de la communication ou de la presse car ils étaient professionnels d’autres domaines avant leur parachutage auxdits ministères.
Aujourd’hui, Jessye Ella Ekogha est aux arrêts avec 7 autres personnalités depuis le jour de la proclamation des élections générales “pour haute trahison contre les institutions de l’État, détournements massifs de deniers publics, malversations financières internationales en bande organisée et usage de faux, falsification de la signature du président de la République, corruption active, trafic de stupéfiants”, a déclaré le porte-parole du Comité de la transition pour la restauration des institutions (CTRI), le Colonel Ulrich Manfoumbi.
Désormais, à ces chefs d’accusations contre Jessye Ellla Ekogha s’ajoutent la suspension de France 24, TV5, RFI et la coupure d’internet, des éléments pour lesquels il va devoir répondre devant la justice. C’est une chute qu’il n’avait pas imaginée un seul instant au sommet de sa gloire.


























