Depuis le coup d’État du 30 août 2023 dernier qui a vu l’arrivée du Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema de la Garde républicaine, le Gabon vit dans une période de transition, mais quels sont les enjeux ?
Le nouvel homme fort du pays a dissous toutes les institutions du pays et les a remplacés depuis le 09 Septembre par un nouveau gouvernement et des institutions de transition: Cours Constitutionnelle, Sénat, et Assemblée Nationale ont vu le jour suivant la charte mise en place par le CTRI.
Des décisions fortes ont été prises en faveur des populations, par exemple, le règlement des pensions, la gratuité des frais de scolarité, le retour de la bourse dans les lycées et collèges, l’approvisionnement des quartiers en eau, l’interpellation des entreprises adjudicataires des marchés pour suivre leurs activités et si elles ont livrées les travaux à échéance, ainsi que les compagnies pétrolières pour examiner les recettes versées à l’État. Tous ces éléments concourent aux grands enjeux de la transition.
Sur le plan sécuritaire, le couvre-feu est resté en vigueur, mais est passé de 18h à 22h sur toute l’étendue du territoire excepté dans les banlieues nord et sud de la capitale Libreville, ceci en vue de parer à toute tentative de déstabilisation surtout venant du nord du pays, où des rumeurs de bruits de bottes se sont faites entendre.
Si la prise du pouvoir par le Général, désormais Président, Brice Oligui Nguema est saluée majoritairement par tout le pays, et que des arrestations d’éclat surtout de la légion étrangère suscitent un vrai engouement dans l’opinion publique, les Gabonais restent pour l’instant sur leur faim, car de nombreuses interrogations s’élèvent ça et là.
En effet, dans les institutions de la transition, nous remarquons une forte coloration de l’ex-parti au pouvoir PDG, le gouvernement dirigé par Raymond Ndong Sima, ex premier ministre de 2011 à 2013, est composé de pédégistes à pratiquement 50%. Outre ces PDGistes, on y retrouve à quelques départements clés des personnages sulfureux anciens intouchables du régime d’Ali Bongo.
Il en est ainsi également de l’Assemblée nationale qui voit à sa tête un ancien ministre de l’Intérieur de 2009, et d’autres personnalités de l’ex-parti au pouvoir dans le bureau.
Certains arrestations et saisies de bien matériels comme des voitures luxuriantes, et des sommes faramineuses, on parle de centaines de milliards, semblent être ciblées et limitées à la Young team, le clan formé par Noureddine Bongo, et à la légion étrangère dirigée par Sylvia Bongo épouse du despote déchu, Ali Bongo lui même déjà remis en liberté.
Des voix s’élèvent d’ores et déjà contre ce qui apparaît comme une justice à deux vitesses. On est tenté de se demander si le Général a vraiment toutes les cartes en mains ou s’il y aurait des gens tapis dans l’ombre qui tireraient les ficelles.
Dans ce dernier cas de figure, cela contribuerait à jeter du discrédit dans son action et sur toute l’œuvre qu’il essaie bâtir, puis cela briserait le capital confiance qu’il jouit de la population et briserait l’unité nationale en reconstruction.
Il est toutefois bien de rappeler l’esprit d’ouverture et de consultation dont fait montre le Général Président, il a déjà rencontré certaines forces vives de la nation pour penser ensemble comment construire un Gabon nouveau, plein d’espoir, ce qui augure de lendemains meilleurs si tout ce qui sortira de ces consultations sont appliquées.
Le Président de la transition du Gabon, le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema est indéniablement voué à rendre aux Gabonais leur dignité pour cela, il devra tout mettre en œuvre pour que le pays devienne un véritable État de droit cela passe par une justice pour tous ceux qui ont participé au déclin du Gabon, et commis des crimes de tout genre, pour qu’enfin notre essor vers la félicité.
Tels pourraient être les enjeux de cette transition depuis le 30 août 2023 au Gabon.
Par Breck Djounga











































