L’Institut Pédagogique National (IPN) d’Akanda est, depuis le 30 octobre, le lieu d’une transformation fondamentale du système éducatif gabonais : la formation intensive de 40 psychologues scolaires, marquant le lancement concret de l’école inclusive. Cette initiative, orchestrée par le Ministère de l’Éducation nationale avec le soutien technique de l’UNICEF, vise à dépasser le modèle ségrégatif pour intégrer pleinement les enfants à besoins spécifiques (EBS) dans le circuit scolaire ordinaire.
L’enjeu dépasse la simple logistique ; il est profondément psychosocial. Jusqu’à présent, l’accompagnement des élèves vulnérables ou en difficulté d’apprentissage reposait souvent sur des structures spécialisées, engendrant de facto une forme d’isolement. L’objectif affiché est clair : ouvrir les écoles classiques aux enfants autistes, sourds ou présentant d’autres besoins, en s’appuyant sur une expertise interne renforcée portée par 40 psychologues scolaires engagés dans cette dynamique.
Le choix de miser sur la formation des psychologues scolaires révèle une approche pragmatique et centrée sur l’humain. Ces professionnels sont désignés comme les vecteurs principaux de cette réforme, car ils possèdent les compétences nécessaires pour deux missions critiques.
Il ne s’agit pas seulement d’adapter les programmes, mais d’offrir un accompagnement psychosocial global. Les ateliers pratiques, incluant études de cas et jeux de rôle, visent à doter cette première vague des outils pour identifier précocement les difficultés et mettre en place des stratégies d’adaptation individualisées.
Accompagnement des Équipes Pédagogiques : Comme le souligne Adrien Makaya, Directeur de l’IPN, l’école inclusive exige une « compréhension mutuelle ». Les enseignants, souvent démunis face à des situations complexes, auront besoin de l’expertise du psychologue pour adapter leur pédagogie et gérer la mixité en classe sans compromettre la qualité de l’enseignement pour l’ensemble des élèves.
Cette formation est donc un investissement dans la qualité de l’interaction scolaire. Elle signale la volonté du Gabon d’aligner sa politique éducative sur les standards internationaux prônant l’équité et le bien-être de chaque apprenant, faisant de l’école un lieu de « mixité et de compréhension mutuelle » et non un simple lieu de transmission de savoirs.
Cette première vague de 40 psychologues scolaires est appelée à devenir la référence et à former les futures cohortes, assurant ainsi la pérennité de cette transition vers une éducation véritablement pour tous.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























