La participation du Médiateur de la République du Gabon, Alexis Boutamba Mbina, à la 31e réunion du Comité exécutif de l’Association des Ombudsman et Médiateurs Africains (AOMA) à Cape Town n’est pas passée inaperçue. Au-delà de la célébration du 30e anniversaire du Protecteur du Citoyen sud-africain, cette rencontre a été le théâtre d’une nouvelle orientation stratégique pour la sous-région Afrique Centrale, avec le Gabon en fer de lance.
Le Comité exécutif de l’AOMA a officiellement mandaté Alexis Mbina pour lancer les consultations visant à établir un Réseau des Médiateurs d’Afrique Centrale. Cette décision consacre le rôle accru du Gabon dans la diplomatie institutionnelle continentale, récompensant son engagement actif dans les réformes de l’AOMA et la promotion d’un dialogue apaisé post-transition.
Ce mandat est stratégique. L’Afrique Centrale est historiquement marquée par des défis persistants en matière de stabilité institutionnelle et de gouvernance. En proposant un cadre de coopération technique entre les institutions de médiation (via la CEEAC), le Gabon cherche à transformer la médiation administrative et sociale d’un outil réactif en un instrument proactif de prévention des crises.
La création de ce réseau permettra de partager les « bonnes pratiques » et de renforcer les capacités locales. Face à des contextes politiques souvent tendus, disposer d’un canal de concertation régionale permettrait d’anticiper les tensions sociales avant qu’elles ne dégénèrent, offrant une alternative crédible au recours exclusif aux mécanismes politiques ou sécuritaires.
En exposant les progrès de la transition politique gabonaise, Alexis Mbina positionne le pays comme un modèle de « gouvernance apaisée ». Ce réseau devient ainsi un vecteur de la diplomatie gabonaise, démontrant que la stabilité interne se traduit par une capacité à fédérer et à structurer la coopération régionale.
Cette dynamique gabonaise s’inscrit dans un mouvement plus large. La perspective d’une reconnaissance officielle de l’AOMA comme organisation affiliée à l’Union Africaine, soutenue par l’hôte sud-africain, promet de donner aux Ombudsman un poids politique accru pour influencer l’Agenda 2063.
Le succès de ce Réseau d’Afrique Centrale sera la preuve concrète que la médiation institutionnelle est un levier essentiel pour le développement durable, en assurant que les réformes publiques se fassent dans un climat de justice et d’équité pour le citoyen.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























