Libreville le 16 mars, le directeur du Centre d’études politiques du Parti démocratique gabonais, Richard Ekazama, appelle à plus de tolérance dans une tribune libre à l’occasion du 53e anniversaire de ce parti politique. Il se trouve que cette formation politique soit émaillée par une inimitié en interne nécessitant plus de tolérance.
Nous vous livrons l’intégralité de son propos.
« De l’adversité en politique
La politique, dans sa vocation initiale, consistait à promouvoir entre les nations, les peuples, les citoyens et les individus, des relations harmonieuses et pacifiques d’amitié contrairement à l’arbitraire et à la brutalité de la vie sauvage réservée aux barbares.
Dans ce texte, nous montrerons les dangers et les ravages d’une mauvaise conception de l’adversité dans un domaine où la règle devrait être la recherche du bien ou du bonheur collectif.
L’adversité ne signifie pas l’inimitié.
L’adversité politique se fonde sur la divergence des idées et options politiques, et non, comme dans l’inimitié, sur les sentiments et considérations personnelles;
Un homme politique a vocation, une fois élu, à représenter la collectivité, y compris donc ses adversaires;
Les circonstances peuvent conduire des adversaires à se concerter, coopérer ou œuvrer ensemble, sur certaines questions d’intérêt supérieur. Ce qui n’est pas assuré dans le cas où prévaut l’inimitié. L’historien et penseur Achille Mbembe considère l’inimitié comme le lien politique privilégié dans le monde actuel avec la volonté de domination et l’élimination de l’autre. L’inimitié, précise-t-il en substance, c’est la haine qui vise l’anéantissement total de l’autre, notre ennemi.
Avec l’inimitié, on est dans la recherche d’ennemis objectifs ou imaginaires pour assouvir un désir de détruire. Le problème c’est que la volonté de détruire finit paradoxalement par détruire celui-là qui veut anéantir l’autre.
L’adversité ne doit pas conduire à l’inimitié.
L’inimitié ne rapporte rien puisqu’elle est destructrice.
La politique d’inimitié a causé des ravages en Afrique et dans le monde. Il faut donc oser une autre, celle de l’amitié et de la paix : l’amitié et la paix qui induisent le dialogue et la tolérance. Elles ont des vertus qui ont pu faire le bonheur de certaines nations et du Gabon depuis Léon Mba, jusqu’à Ali Bongo Ondimba.
Pour terminer,
Aux hommes politiques et à leurs conseillers, on peut recommander cette devise indivisible du Parti démocratique gabonais : Dialogue-Tolérance-Paix. Le grand tribunal qu’est l’histoire, ne reprochera jamais d’avoir initié un dialogue avec son adversaire, d’avoir toléré à son adversaire et d’avoir œuvré pour la paix avec son adversaire. L’adversité considérée comme bellicisme ne peut conduire qu’à la destruction et donc à l’échec de la politique ».


























