Le Mvet Oyeng, art ancestral des communautés Ekang, vient d’être inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO lors de sa 20e session tenue à New Delhi. Cette reconnaissance internationale consacre un héritage vivant porté par le Gabon, mais également par le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Congo, où le Mvet demeure une pratique identitaire forte.
Bien plus qu’un instrument à cordes, le Mvet est un art de la parole et de la narration. Ses récits épiques, transmis de génération en génération, relatent des valeurs de bravoure, de solidarité et de sagesse. Ils constituent une véritable bibliothèque orale qui conserve la mémoire des peuples Ekang. Le Mvet est aussi une philosophie de vie, une manière de penser et de transmettre des repères sociaux et spirituels.
Pour le Gabon, cette inscription est une victoire culturelle et diplomatique. Elle place le pays au cœur de la valorisation des traditions africaines et renforce son rôle de gardien du patrimoine immatériel. Elle est également une fierté partagée par l’ensemble des communautés Ekang, qui voient leur art reconnu comme un bien universel.
Cependant, cette consécration ne doit pas rester un simple symbole. Elle interpelle les autorités sur la nécessité de mettre en place des politiques culturelles ambitieuses :
Soutenir les praticiens et maîtres du Mvet.
Créer des espaces de transmission (écoles, festivals, musées).
Documenter et numériser les récits pour les préserver face aux menaces de l’oubli.
Intégrer le Mvet dans les programmes éducatifs afin que les jeunes générations s’approprient cet héritage.
Le Mvet inscrit à l’UNESCO est une fierté gabonaise et africaine, mais aussi un appel à l’action. Il appartient désormais aux États concernés de transformer cette reconnaissance en actes concrets de préservation et de transmission. Car un patrimoine immatériel n’a de valeur que s’il continue à vivre dans le quotidien des peuples.

























