Il y a de cela quelques semaines, madame le gouverneur de la province de l’Estuaire, faisait suspendre des arrêtés portant nomination à la Mairie de Libreville. Au soutien de son acte, la tutelle a convoqué les dispositions de l’article 55 de la loi n°1 /2014 du 15 juin 2015 relative à la décentralisation : « Conformément aux dispositions de l’article 363 ci-dessous, les arrêtés pris par le maire sont immédiatement adressés à l’autorité de tutelle qui en délivre récépissé. Ce dernier peut en suspendre l’exécution, mais leur annulation ne peut intervenir qu’après saisine de la juridiction compétente du ressort territorial de la commune. Les arrêtés portant règlement permanent ne sont exécutoires qu’un mois après la date mentionnée sur leur récépissé. »
Si au regard des personnes relevées de leurs fonctions par cet arrêté on peut être dubitatif, il y a, néanmoins, lieu de reconnaitre que Françoise Dikoumba a fait application de la loi ; ce qui du reste est une bonne chose. Cependant, pour éviter de faire une application sélective de la loi et se servir d’elle pour sauver des caudataires d’un devenu putatif calife, elle doit veiller à ce que l’autorité décentralisée applique la loi, rien que la loi.
La mairie de Libreville est devenue l’antre d’une illégalité permanente. En effet, Comment comprendre qu’un agent de niveau CEPE puisse être promu directeur devant celui qui a une licence ou Master alors que l’arrêté sur les emplois et les compétences de la Mairie de Libreville est d’une limpidité déconcertante ? Comment comprendre que des opérateurs économiques, très proches des maires, puissent être adjudicataires des marchés publiques sans appel d’offre alors que l’article 93 de la loi n°1 /2014 du 15 juin 2015 relative à la décentralisation dispose : « Il est interdit, à peine de révocation prononcée dans les formes prescrites à l’article 90 ci- dessus, sans préjudice de poursuites judiciaires, à tout conseiller local d’entretenir des intérêts privés avec la collectivité dont il est membre, de conclure des actes ou des contrats de location, d’acquisition, d’échange ou toute autre transaction portant sur des biens de la collectivité locale, ou de passer avec elle des marchés de travaux, de fournitures ou de services, ou des contrats de concession, de gérance et toute autre forme de gestion de services publics locaux, soit à titre personnel, soit comme actionnaire ou mandataire, soit au bénéfice de son conjoint, ses ascendants et ses descendants directs. »
A ce sujet, sur l’affaire de Jeta groupe mérite d’être investigué afin de connaitre qui le cheval de Troie de cette entreprise à la Mairie parce que seul le nom du Maire démissionnaire est sali et livré à la vindicte populaire cependant celui de « Gargamel » le prestidigitateur est sain.
A la mairie de Libreville, des conseillers municipaux exercent les fonctions de Conseiller du maire de Libreville, Directeur général, directeur etc… en violation de l’article 94 de la loi sur la décentralisation qui dit : « Il est formellement interdit aux conseillers locaux, en dehors des membres du bureau, d’exercer au-delà de leur pouvoir délibérant au sein du conseil et des commissions qui en dépendent, toutes fonctions administratives au sein de ladite collectivité locale et des établissements publics locaux rattachés.»


























