Libreville, le 08 janvier 2026- Il faut désormais appeler les choses par leur nom. La crise récurrente de l’éducation nationale qui semble appartenir aux fang ne serait plus seulement le résultat de dysfonctionnements administratifs ou de revendications sociales mal traitées. Elle serait devenue, pour certains cercles fermés, un système, un mécanisme rodé, une économie parallèle fondée sur la paralysie de l’école.
Les faits établis.
Des listes circulent.
Des démarches sont organisées.
Des audiences sont sollicitées en marge des circuits institutionnels normaux.
Et un élément ne peut plus être passé sous silence : ces listes ne comportent qu’un seul profil.
Un seul groupe.
Une seule origine.
Uniquement des Fang. Aucun autre nom. Aucune autre composante nationale.
La question n’est pas provocatrice. Elle est légitime :
Seraient-ils les seuls enseignants du pays ?
Seraient-ils les seuls syndicalistes ?
Seraient-ils les seuls à souffrir des dysfonctionnements de l’éducation nationale ?
Évidemment non.
Ce constat n’est pas une attaque contre une ethnie du Gabon, ce serait absurde et irresponsable. C’est la dénonciation d’une confiscation, d’une stratégie d’exclusivité qui instrumentalise une identité pour verrouiller l’accès au pouvoir, à la parole, aux avantages. Ce qui est en cause ici, ce n’est pas l’origine, mais l’usage politique et opportuniste qui en est fait.
La grève, dans ce schéma, ne serait plus une revendication collective. Elle deviendrait un outil de pression privatisé, un moyen de se positionner, de négocier, de monnayer. L’école est prise en otage, non pour être sauvée, mais pour servir de levier. Les élèves deviennent des dommages collatéraux. Les parents, des spectateurs impuissants. Et l’État, un guichet à forcer.
Il est tout aussi grave de laisser entendre que la province dite « paternelle » du Président serait engagée dans une logique de sabotage de son mandat. Le Président n’est pas le fils politique d’un territoire, il est le dépositaire d’un suffrage national. Le réduire à une appartenance régionale, c’est attaquer la République dans son fondement même.
Cette dérive atteindrait un seuil inacceptable lorsque, profitant des mouvements de grève, certains transforment la colère sociale en capital personnel : listes sélectives, revendications sur mesure, négociations en coulisses. Tout cela n’a rien de syndical. Tout cela relève de la prédation.
Utiliser une grève pour remplir son ventre est une indignité.
Monnayer la souffrance collective contre un poste ou de l’argent est une corruption morale.
Confisquer une lutte nationale au profit d’un groupe fermé est une trahison de l’intérêt général.
La Ve République n’a pas été instaurée pour cautionner des entrepreneurs du désordre. Elle n’a pas vocation à servir de scène à ceux qui vivent du chaos et prospèrent sur l’échec de l’école.
L’éducation nationale appartient à tous les Gabonais.
La parole syndicale ne peut être privatisée.
Et la République ne reconnaît ni monopole communautaire, ni rente identitaire.
Ceux qui ont fait de la crise un métier devront assumer le jugement de l’histoire. De tels agissements ne contribuent-ils pas à fragiliser le pouvoir du président Oligui, dont ils sont les parents paternels ?
Car on ne construit pas un pays en sabotant son école.


























