La décision du gouvernement gabonais d’imposer à la Gabon Oil Company (GOC) le rapatriement de l’intégralité de ses fonds en devises détenus à l’étranger constitue une rupture majeure dans la gestion du secteur pétrolier national. Près de 160 milliards de FCFA de fonds RES doivent ainsi être rapatriés, conformément aux exigences de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Cette mesure vise à restaurer l’orthodoxie financière, à renforcer les réserves nationales et à mobiliser des liquidités indispensables pour soutenir l’économie gabonaise.
Jusqu’ici, la GOC fonctionnait dans une relative opacité, conservant ses ressources sur des comptes offshores, en marge des règles de la zone CEMAC. Cette pratique, tolérée pendant des années, alimentait l’image d’une « citadelle financière » échappant au contrôle de l’État, au point d’être perçue comme un véritable « État dans l’État ». En mettant fin à cette autonomie financière, l’exécutif entend réaffirmer son autorité et replacer la compagnie nationale dans le giron des institutions publiques.
Cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus large de reprise en main du secteur pétrolier. Après le rachat des actifs de Tullow Oil et d’Assala, le gouvernement d’Oligui Nguema affiche clairement sa volonté de renforcer la souveraineté énergétique du pays. La GOC, désormais sommée de domicilier ses recettes dans les banques locales, doit devenir un levier de développement et non plus une simple caisse opaque gérée hors sol.
Au-delà du rapatriement des fonds, l’audit des comptes annoncé marque une étape décisive. Il s’agit de rétablir la transparence, de garantir une meilleure traçabilité des flux financiers et de mettre fin aux pratiques qui fragilisaient la crédibilité de l’entreprise nationale. Ce tournant illustre une volonté politique de transformer la GOC en véritable moteur de croissance, au service de l’économie gabonaise et de la stabilité financière régionale.
Cette décision traduit une rupture avec les anciennes pratiques et ouvre la voie à une gouvernance plus rigoureuse du secteur pétrolier. Elle pourrait bien marquer la fin d’une ère où la GOC se comportait comme une entité autonome, pour devenir enfin un instrument stratégique au service de l’État et du développement national.












































