Après une décennie d’exil en France, le rappeur gabonais Kôba Building, de son vrai nom Ndong Ronny, signe son grand retour au Gabon. Une annonce sobre mais lourde de sens, publiée sur ses réseaux sociaux, où l’on aperçoit ses deux passeports accompagnés de la phrase : « Je crois bien que c’est l’heure de rentrer ». Ce retour marque un tournant dans la trajectoire de l’artiste, mais aussi dans celle de la scène musicale gabonaise.
Figure emblématique du rap engagé, Kôba Building s’est illustré par des textes incisifs, dénonçant les dérives du pouvoir et les injustices sociales. Son départ précipité vers l’hexagone avait été perçu comme une fuite face à la répression, mais aussi comme un exil volontaire pour préserver sa liberté d’expression. Durant ces années loin de Libreville, il n’a jamais cessé de créer, sortant deux albums, une mixtape et plusieurs singles qui ont continué à porter la voix du peuple gabonais au-delà des frontières.
Son retour intervient dans un contexte politique plus apaisé, où plusieurs artistes exilés, tels que Lord Ekomy Ndong ou Maât Seigneur Lion, ont également repris le chemin du pays. Ce mouvement de retour des voix contestataires pourrait bien annoncer une nouvelle ère de dialogue et de réconciliation nationale.
Dans une récente interview, Kôba Building confie : « Je n’ai aucun regret… j’ai appris de ma propre histoire que même le succès est une épreuve ». Une déclaration qui témoigne de sa maturité artistique et personnelle, et qui laisse entrevoir une nouvelle phase de son engagement : celle de la reconstruction, du partage et de la transmission.
Le Gabon retrouve l’un de ses fils les plus audacieux. Et avec lui, c’est toute une jeunesse qui espère voir renaître une musique libre, consciente et profondément enracinée dans les réalités du pays.
Son retour n’est pas seulement celui d’un artiste : c’est celui d’une voix, d’un combat, et d’un espoir.


























