Les réactions minoritaires dans l’opinion, mais tapageuses dans certains réseaux sociaux bien identifiés et coutumiers du fait, qui émanent de la Haute et Mémorable intervention de Paul Biyoghe Mba rappellent un autre Grand fait de l’Histoire : le Je vous ai compris du Général de Gaulle.
A Alger, en 1958, Le Général de Gaulle prononce un discours très important. Il fait une analyse profonde et sérieuse de la situation hautement sensible et dangereuse du moment en Algérie et fait des propositions fort utiles.
A un moment de son allocution, dans une phrase, il dit « Je vous ai compris » et poursuit son intervention. Patatras !
C’est tout ce que les gens, de tous les camps, ont retenu. Et chacun y est allé de son interprétation, oubliant, mettant de côté toutes les bonnes propositions que De Gaulle avait formulées.
L’Histoire se répète toujours sur d’autres formes. Toutes proportions gardées, c’est ce qui arrive malheureusement ou heureusement à Paul Biyoghe Mba.
Car le mercredi 22 décembre 2021, à la plénière de l’Assemblée nationale, Paul Biyoghe Mba a fait, de mémoire de citoyen, ce qu’aucun autre député n’a fait ou rarement fait avant lui.
Dans une prestation d’anthologie, il a fait une analyse et un commentaire de très haut vol, semblables à ce qui se fait à Harvard, MIT, Yale, Cambridge, Oxford, Sorbonne, Union Européenne, ONU, UA… un brillant résumé du Livre Blanc pour la Paix de l’Assemblée nationale.
Dans un tableau sur une seule feuille A4, il a mis en évidence les principaux aspects statistiques du Livre. Comme on peut le voir dans les encadrés ci-contre :
168 intervenants dont 127 Hommes et 41 Femmes, 14 groupes sociaux intervenus.
25 valeurs ou concepts classés par fréquences d’utilisation illustrées dans le tableau ci-contre.
Ce sont ces 25 valeurs qu’on fait ressortir les intervenants pour qu’il y ait une Paix véritable au Gabon et non une Paix des cimetières, comme s’en est légitimement inquiété le regretté Casimir Oye Mba (page 64 du livre).
Paul Biyoghe Mba en a commenté quatre : le Développement, la Fraternité, l’Amour et le Partage.
Il a insisté sur:
Le développement qui doit être ressenti et partagé par tout le peuple. Ce qui implique le choix et l’exécution de programmes et de projets de grands et larges impacts. Ce qui n’est pas hélas ! Toujours le cas aujourd’hui et explique l’absence ou l’insuffisance d’équipements collectifs, des infrastructures, des adductions d’eau et d’électricité, de la sous-éducation et sous-formation, le chômage, l’absence de logements.

A cet égard, des projets comme la Transgabonaise, alors que toutes les capitales provinciales ne sont pas encore reliées entre elles par des routes bitumées, la construction d’un nouvel aéroport à Alibadeng en plein centre-ville, nécessitant des déguerpissements des centaines de familles et ménages, pour ne citer que ces projets, méritent d’être bien expliqués et la plus-value qui en découle pour le pays démontrée.
L’Amour du Gabon.
Biyoghe Mba a déploré que plusieurs personnes vivant au Gabon, Nationaux comme Étrangers, semblent se comporter comme s’ils avaient un pays de rechange. Le Gabon étant pour eux comme un « campement », un lieu où on vient amasser et on s’en va après. Il a insisté que les Gabonais principalement aiment véritablement le Gabon notre pays. Et que c’est en aimant le Gabon que l’on peut véritablement penser son développement.
Au passage, il a indiqué que lui il n’avait qu’un seul pays le Gabon et une seule nationalité Gabonaise, après avoir gentiment et certainement décliné plusieurs offres qui lui ont été faites d’en avoir d’autres.
Le Partage
Avec éloquence et clarté, en Haut Politique et professionnel qu’il est, il a démontré les risques qu’il y avait de ne pas mieux distribuer, répartir, partager la richesse nationale, le bien public, les responsabilités et rôles dans la Nation. Soulignant au passage que les principales tensions observées actuellement tirent généralement de ces déséquilibres.
Pour illustrer son propos, il a pris en exemple, un fait patent, concret, palpable et vérifiable : la composition du Bureau de l’Assemblée Nationale.
Pour parler franc, quel meilleur exemple, le Parlementaire qu’il est, devrait-il prendre ? La sagesse populaire ne dit-elle pas qu’il faut d’abord balayer devant sa propre porte ? Intelligemment, Paul Biyoghe Mba s’est abstenu de parler d’autres sphères tout aussi préoccupantes : administration, sociétés publiques et parapubliques, Institutions d’Etat.
En indiquant que géographiquement que le Haut-Ogooué a 5 postes sur 15 sur 9 Provinces, et ethniquement que les Nzebi avaient 5 postes sur 15 sur les 52 ethnies que comptent le Gabon, sincèrement, honnêtement, objectivement où est l’agression contre le Haut-Ogooué et les Nzebi.
Quel mal y-a-t-il de le dire ? N’est ce pas la stricte vérité ? Si oui, il n’y a donc aucun problème. Sinon, il faut démontrer que Paul Biyoghe Mba a tort.
Il faut savoir raison garder
En agissant émotionnellement comme l’ont fait certains, probablement ressortissants de ces entités, ils ont plutôt verser de l’eau au moulin de Biyoghe Mba, et attiré négativement l’attention du peuple et de la Nation sur eux et amener à se pencher sérieusement sur la question dénoncée par Paul Biyoghe Mba.
En vérité, il n’y a rien qui puisse amener certains esprits chagrins et rétrogrades inaptes au débat républicain à accuser, critiquer aussi bassement un Haut Dignitaire de la République qui ne fait que tirer la sonnette d’alarme, ce qui est son droit le plus absolu.
Ceux qui ont tort, ce sont ceux qui ne veulent pas que des énormités, des dérapages, des déséquilibres et injustices de ce genre ne soient identifiés et traités pour continuer à couvrir leurs propres intérêts égoïstes. Mais qu’ils sachent qu’il y a un temps pour tout et que tout a une fin.
Comme pour le Général de Gaulle en 1958, toutes choses étant égales par ailleurs, Paul Biyoghe Mba qui semble injustement victime à cause d’une incompréhension quasi volontaire, d’une malveillance orchestrée, sort et sortira au contraire grand gagnant de cette épisode et des moments à venir.


























