Libreville, le 8 février 2026 – La mission bilatérale tenue à Djibloho début février 2026 autour de la ligne électrique Ebebiyin–Bitam illustre à la fois la solidité du partenariat énergétique entre le Gabon et la Guinée équatoriale, et la fragilité de la communication publique face aux rumeurs. Alors que des voix sur les réseaux sociaux évoquaient une dette impayée du Gabon, les travaux ont permis de clarifier la situation sur l’interconnexion électrique : il ne s’agit pas d’un refus de paiement, mais d’un processus de correction comptable et contractuelle.
L’analyse des chiffres est révélatrice. Avant rectification, le solde dû s’élevait à plus de 365 millions de francs CFA. Après intégration des corrections convenues, il tombe à environ 247 millions de francs CFA. Cette différence n’est pas anodine : elle montre que la transparence et la rigueur contractuelle sont essentielles pour éviter les interprétations erronées. Le communiqué insiste sur la bonne foi de la SEEG et sur le respect des procédures, rappelant que les accords interétatiques ne peuvent être remis en cause par des campagnes de désinformation.
Au-delà de la dimension financière, l’accord sur l’augmentation du plafond énergétique, passant de 2 MW à 5 MW, traduit une volonté de renforcer l’intégration régionale. Cette montée en puissance technique est un signal fort : l’interconnexion électrique n’est pas seulement un projet symbolique, mais un outil concret pour améliorer la sécurité énergétique et soutenir le développement économique des zones frontalières.
La critique principale porte sur la gestion de la communication. Si les autorités gabonaises et équato-guinéennes ont su rétablir la vérité, il reste à interroger la réactivité face aux rumeurs. Dans un contexte où l’opinion publique est de plus en plus sensible aux enjeux énergétiques et financiers, la transparence proactive devient un impératif pour les institutions publiques.
Cette mission bilatérale démontre que la coopération énergétique peut résister aux turbulences médiatiques, à condition que les acteurs institutionnels renforcent leur capacité à informer, expliquer et anticiper. Le projet Ebebiyin–Bitam apparaît ainsi autant comme un défi technique que comme un test de gouvernance et de communication publique.


























