Un différend financier d’envergure secoue actuellement les caisses de sécurité sociale du Gabon. La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) sont au cœur d’une controverse liée à un contrat numérique évalué à 3,2 milliards de FCFA, attribué à la société CLIKAFRIK, et qui impliquerait Mark Alexandre Doumba selon des informations révélées par le média Directinfosgabon le lundi 9 février 2026.
Au centre de cette affaire figure le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, soupçonné d’avoir exercé des pressions institutionnelles pour imposer ce prestataire aux deux organismes sociaux. Le contrat concerné porte sur la mise en place d’une plateforme numérique destinée à la gestion de services essentiels pour les assurés sociaux.
D’après des documents internes consultés par notre confrère, la convention à l’origine du litige aurait été signée le 14 août 2023 dans le cadre d’un accord tripartite. Toutefois, la Direction générale de la CNSS évoque de graves irrégularités dans l’attribution du marché. Le processus n’aurait respecté aucune des exigences prévues par le Code des marchés publics, notamment l’absence d’appel à la concurrence, de cahier des charges formalisé et d’expression précise des besoins techniques.
L’analyse financière du dossier révèle un écart de coût significatif. Une offre concurrente proposait des prestations similaires pour un montant estimé à 800 millions de FCFA, soit quatre fois inférieur au contrat signé avec CLIKAFRIK. Cet écart alimente les accusations de surfacturation et renforce les interrogations sur la transparence de la procédure.
Malgré ces alertes, le projet aurait été maintenu. Selon plusieurs sources, le ministre Mark Alexandre Doumba serait intervenu directement pour demander l’arrêt des solutions numériques internes développées par la CNSS et la CNAMGS, pourtant fonctionnelles et utilisées par les employeurs. Il aurait également exigé le retrait des plateformes existantes et leur remplacement par la solution CLIKAFRIK dans un délai de quatre mois.
Autre élément préoccupant : les performances techniques du prestataire. En 2024, le taux d’exécution réelle de la plateforme n’aurait pas dépassé 8 %, soulevant des doutes sérieux sur sa capacité opérationnelle. En février 2025, la société CLIKAFRIK aurait proposé un avenant réduisant de moitié le coût du marché, un geste interprété par certains observateurs comme une reconnaissance implicite de la surfacturation initiale.
Le directeur général de la CNSS, le Dr Olivier Rebienot Pellegrin, a saisi le Conseil d’administration afin d’alerter sur les risques financiers, techniques et stratégiques de ce dossier. Parmi les préoccupations majeures figurent la protection des données personnelles des assurés et la souveraineté numérique de l’État gabonais.
Face à l’ampleur de cette affaire impliquant la CNSS, la CNAMGS, Mark Alexandre Doumba et 3,2 milliards de FCFA, la société civile appelle à l’intervention rapide des organes de contrôle pour faire toute la lumière sur ce dossier sensible.


























