Les propos du sélectionneur sud-africain Hugo Broos ce lundi 29 décembre 2025 résonnent comme un véritable coup de tonnerre dans le ciel de la CAN organisée au Maroc. L’entraîneur, connu pour son franc-parler, n’a pas hésité à pointer du doigt ce qu’il considère comme une défaillance majeure : l’absence d’ambiance et une organisation chaotique, en comparaison avec ses expériences passées au Gabon et en Côte d’Ivoire.
Hugo Broos insiste sur un élément fondamental qui fait l’âme d’une Coupe d’afrique des nations : l’engouement populaire. Selon lui, au Gabon et en Côte d’Ivoire, l’atmosphère était palpable dès les trajets en bus vers les entraînements. Les habitants, drapeaux à la main, saluaient les équipes et créaient une véritable communion autour du tournoi. Au Maroc, il déplore un vide : « Ici, il n’y a rien. Il n’y a pas d’ambiance, pas l’ambiance typique d’une CAN. » Cette remarque souligne une fracture entre l’événement et la population locale, qui semble peu impliquée.
Le coach sud-africain va plus loin en dénonçant le manque de public dans les tribunes. Il cite les matchs contre le Zimbabwe et l’Angola, joués quasiment à huis clos, contrairement aux rencontres en Côte d’Ivoire où les gradins étaient pleins, même pour des affiches moins prestigieuses. Pour lui, la politique de billetterie est en cause : si l’entrée n’est pas gratuite, les spectateurs ne se déplacent pas. Ce constat met en lumière une problématique récurrente dans certaines compétitions africaines : l’accessibilité des matchs au grand public.
Au-delà de l’ambiance, Hugo Broos dénonce des dysfonctionnements graves dans la gestion des accès aux stades. Il raconte que sa propre famille a vécu une situation chaotique lors du match contre l’Égypte : des supporters munis de billets ont été refoulés, tandis que des foules sans tickets ont pu entrer. Ce désordre, accompagné d’un sentiment d’insécurité, ternit l’image de l’organisation marocaine. Sa conclusion est sans appel : « L’organisation est déplorable. »
Les propos d’Hugo Broos révèlent une double faiblesse : un déficit d’enthousiasme populaire et une gestion logistique défaillante. En comparant avec le Gabon et la Côte d’Ivoire, il met en évidence que la réussite d’une CAN ne repose pas uniquement sur les infrastructures, mais aussi sur l’implication des populations et la fluidité organisationnelle. L’absence de ferveur et les problèmes de sécurité risquent de nuire à la crédibilité du Maroc comme terre d’accueil d’un événement continental majeur.
Ce témoignage rappelle que la CAN est avant tout une fête populaire. Sans ambiance, sans public et sans organisation solide, elle perd une partie de son essence.

























