Pensé comme un remède au mal chronique du logement au Gabon, le projet d’habitats sociaux et économiques d’Angondjé et du Pont Nomba ressemble aujourd’hui à un navire échoué. Là où l’on promettait des toits et des espoirs, le chantier est à l’arrêt, pris dans l’étau de contraintes fiscales et foncières qui mettent en lumière les limites d’une gouvernance souvent plus déclarative qu’opérationnelle.
C’est dans ce contexte que le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, a reçu, le mercredi 21 janvier 2026, Mehdi Zemmama, directeur général adjoint du groupe ADDOHA. Partenaire de l’État gabonais, le promoteur marocain est venu exposer des blocages devenus structurels, ralentissant un projet pourtant présenté comme prioritaire. Derrière les formules officielles, le constat est sévère : les procédures s’empilent comme des murs sans portes, et le foncier, censé être un socle, se transforme en sable mouvant.
Les lourdeurs fiscales et les incertitudes foncières, pointées du doigt par ADDOHA, agissent comme des freins à main tirés en pleine course. Elles interrogent la capacité de l’administration à anticiper, coordonner et sécuriser les projets qu’elle initie. « Trouver des solutions rapides » devient alors un leitmotiv, presque un aveu d’impréparation, dans un pays où l’urgence sociale ne tolère plus les délais à rallonge.
Face à ces difficultés, le ministre a tenté de rassurer, promettant la mobilisation de ses services et rappelant que le logement figure parmi les priorités présidentielles. Mais entre l’affichage politique et l’efficacité administrative, l’écart demeure béant. Le respect des engagements contractuels, souvent invoqué, se heurte à une réalité faite de lenteurs, de chevauchements de compétences et de décisions différées.
Les échanges ont également porté sur le financement, les choix techniques, la diversité des logements et leur commercialisation. Autant de sujets essentiels, mais qui restent théoriques tant que les verrous de base ne sont pas levés. Angondjé et Pont Nomba, annoncés comme des pôles résidentiels stratégiques, attendent encore de sortir des cartons. En filigrane, ce dossier révèle une vérité dérangeante : sans réforme profonde de la gouvernance foncière et fiscale, les politiques de l’habitat risquent de rester des promesses théoriques persistantes seulement.

























