Dans une adresse empreinte de gravité et de tendresse, la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a choisi ce mercredi 21 janvier 2025 dans une tribune libre, de parler non en technicienne des réformes, mais en mère de la Nation éducative. Sa parole, posée comme une main sur l’épaule de l’école en crise, vise d’abord les élèves, ces « enfants » dont l’avenir semble suspendu au silence des salles de classe. L’image est forte : des lieux du savoir muets, là où devraient éclore le bruit des idées et la rumeur de l’espérance.
« Ce que nous traversons est une épreuve collective », laisse-t-elle entendre, rappelant que l’école n’est pas une simple administration, mais un organisme vivant. En se définissant comme mère avant d’être ministre, Camélia Ntoutoum Leclercq ancre son discours dans l’émotion partagée. « Une mère ne peut rester indifférente lorsque l’avenir de ses enfants est en suspens » : l’argument est affectif, mais aussi politique, car il légitime son engagement personnel dans la résolution de la crise.
La ministre récuse toute accusation d’inaction. « Je ne suis pas silencieuse », martèle-t-elle, opposant aux reproches des faits qu’elle qualifie d’avancées concrètes. Derrière cette formule, se dessine une stratégie de gouvernance fondée sur la reconnaissance du corps enseignant. « Aucun pays ne peut se construire sans respecter celles et ceux qui forment ses enfants » : la phrase sonne comme un axiome républicain, érigé en pilier de son action.
L’analyse centrale de son message repose sur un équilibre délicat. « Le travail avance, avec sérieux, responsabilité et humanité », affirme-t-elle, tout en admettant que tout n’est pas encore réglé. Cette concession renforce la crédibilité de son propos. Elle reconnaît la légitimité de la lutte des enseignants, partage leur douleur, et inscrit leur combat dans une quête de dignité plutôt que dans une logique de confrontation.
Enfin, la ministre convoque le registre spirituel pour appeler à l’apaisement. En citant les Écritures – « Heureux ceux qui procurent la paix » –, elle enveloppe son appel au retour en classe d’une dimension morale. « Regagner les salles de classe, c’est choisir la paix et l’avenir », suggère son message. Ainsi, entre émotion maternelle, arguments rationnels et images symboliques, Camélia Ntoutoume Leclercq tente de retisser le lien rompu entre l’école, ses acteurs et la Nation, appelant à l’unité pour que le silence cède enfin la place à la voix du savoir.
Pour l’école, pour l’avenir, elle appelle à l’unité nationale.












































