Le Collectif des syndicats de la Comilog a annoncé une grève illimitée à compter du jeudi 6 mars 2025 à 00h00, après l’échec des négociations avec la direction de l’entreprise et l’absence de réponse du gouvernement. Cette mobilisation, qui se tiendra « aux entrées de la zone industrielle de Moanda et de la DTE à Owendo », se fera sans service minimum, une décision qui traduit la détermination des travailleurs à obtenir satisfaction sur leurs revendications.
Un conflit social ancien et persistant
Le Collectif rappelle que ce mouvement social s’inscrit dans un long processus de négociations infructueuses. En effet, « le différend de travail qui nous oppose à notre employeur la Comilog SA » remonte au préavis de grève déposé le 20 août 2024. Plusieurs mouvements ont déjà eu lieu, notamment les grèves des 26 et 27 septembre 2024, puis celles des 3, 4 et 5 décembre 2024. Malgré ces actions, les tentatives de médiation et de conciliation n’ont pas abouti.
Le protocole de médiation signé le 30 décembre 2024, tout comme le protocole d’accord sur les négociations triennales du 8 janvier 2021, n’ont pas été respectés par la direction générale de la Comilog. Le Collectif souligne que « la direction générale refuse de prendre en compte la demande des partenaires sociaux fondée sur les résultats financiers 2024 de notre entreprise », alors que les travailleurs ont contribué à faire de la Comilog le « premier producteur mondial de manganèse » et la « première entreprise nationale du point de vue du chiffre d’affaires ».
Un échec de la médiation et un silence gouvernemental
La médiation, censée aboutir à un compromis, n’a pas permis de faire appliquer les recommandations du médiateur. De plus, après l’assemblée générale des travailleurs des 28 février et 3 mars 2025, le délai de deux mois fixé pour ces négociations est arrivé à son terme sans issue favorable. Le Collectif déplore également « le silence du ministre du Travail et de la Lutte contre le Chômage », malgré une réunion tenue le 4 mars 2025 sous la présidence du secrétaire général du ministère.

Les postes à responsabilités sont majoritairement occupés par des expatriés sous la direction actuelle, au détriment des compétences locales. Par ailleurs, les primes et les salaires ne reflètent pas les efforts fournis par les agents, tandis qu’une minorité de cadres expatriés bénéficieraient de conditions nettement plus avantageuses. Ces injustices, parmi d’autres, sont régulièrement dénoncées par les travailleurs.
Face à cette impasse, le Collectif des syndicats a donc décidé de reprendre la grève de manière illimitée jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications.
Une grève sans Service minimum
Dans un geste de fermeté, les syndicats annoncent que cette grève sera menée « sans service minimum sur l’ensemble de l’entreprise ». Cependant, certaines infrastructures essentielles, telles que « l’hôpital Marcel Abéké et la station de traitement des eaux », continueront de fonctionner normalement. Les sapeurs-pompiers seront également en astreinte. Toutefois, il est précisé qu’« aucun prestataire ne sera admis sur nos installations ».
Une volonté de négociation toujours présente
Malgré cette mobilisation massive, le Collectif des syndicats de la Comilog réaffirme son engagement en faveur du dialogue. Il assure « l’opinion publique nationale et internationale » de sa « disponibilité à la signature d’un accord favorable aux travailleurs ».
En somme, cette grève illimitée, menée sans service minimum, traduit l’exaspération des travailleurs face à une direction et des autorités jugées sourdes à leurs revendications. Le bras de fer entre les syndicats et la Comilog reste ouvert, et la situation pourrait avoir un impact significatif sur la production et l’économie locale si aucun compromis n’est trouvé rapidement.


























