Après plus de vingt mois de détention au Gabon, Sylvia Bongo Ondimba et son fils, Noureddin Bongo Valentin, livrent ce jeudi 3 juillet un témoignage poignant. Ils révèlent avoir été contraints, sous la pression, de parapher plusieurs documents, parmi lesquels certains les engageaient à garder le silence quant à « la terreur et l’injustice » dont ils auraient été victimes. Désormais libres, mère et fils déclarent publiquement leur refus de se soumettre aux injonctions émanant des nouvelles autorités gabonaises.
Exfiltrés récemment du pays grâce à l’intervention décisive de la communauté internationale, notamment de l’Union africaine, les deux anciens détenus ont décidé de rompre leur silence. Dans leur déclaration conjointe, ils annoncent détenir des « preuves audios et vidéos irréfutables », lesquelles seraient susceptibles d’étayer les sévices qu’ils disent avoir endurés dans des lieux de détention à Libreville, notamment à la prison centrale et au sous-sol du palais présidentiel. Ces éléments probants seraient prochainement transmis à la justice française, saisie de l’affaire.
« Nous avons été violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du président Brice Clotaire Oligui Nguema : fouettés, électrocutés, noyés, battus et bien pire (…), mais nous ne nous tairons pas face à la terreur et à l’injustice », écrivent-ils dans un message diffusé via les réseaux sociaux. Ils dénoncent également avoir été forcés à signer la cession de leurs biens familiaux, qui auraient été ensuite « partagés par les proches du pouvoir ».
Ils affirment par ailleurs redouter une condamnation par contumace orchestrée par les autorités actuelles, visant, selon eux, à donner une apparence légale à la confiscation de leurs avoirs, à leur détention qu’ils jugent « arbitraire », ainsi qu’au coup d’État survenu à la fin du mois d’août 2023. Selon leur analyse, il s’agirait là d’« un faux procès » monté de toutes pièces.
« Nous n’accepterons pas d’être condamnés pour des crimes que nous n’avons pas commis, et puisque la justice gabonaise est aux ordres, alors nous n’hésiterons pas à défendre sur la place publique, preuves à l’appui. Le sort qui a été réservé à notre famille est d’une cruauté criminelle, et nous nous battrons jusqu’au bout pour que vérité soit connue et que justice soit faite », concluent Sylvia et Noureddin Bongo avec détermination.

























