Le groupe guinéen SONOCO prévoit d’implanter une filière avicole industrielle au Gabon. Cette initiative marque une étape majeure dans la stratégie de diversification économique portée par les autorités gabonaises.
En recevant hier mardi 9 juin 2026 la délégation de SONOCO conduite par son Directeur général Abdoul Karim Diallo, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a donné corps à une ambition. Celle-ci avait été formulée quelques semaines plus tôt lors du Forum de Kigali.
Loin d’une simple audience diplomatique, cette rencontre traduit la réponse concrète d’un grand groupe privé africain. SONOCO, l’un des conglomérats les plus importants d’Afrique de l’Ouest, envoie ainsi un signal fort de confiance envers l’économie gabonaise.
La sécurité alimentaire, un défi structurel au Gabon
Malgré un potentiel agricole considérable, le Gabon dépend encore massivement des importations pour sa consommation en produits avicoles. Cette dépendance pèse lourdement sur la balance commerciale nationale.
C’est précisément sur ce point que le projet SONOCO entend agir. L’ambition affichée dépasse largement la simple installation d’unités de production. Il s’agit de reproduire au Gabon un modèle intégré déjà éprouvé dans plusieurs pays africains.
Une chaîne de valeur maîtrisée de bout en bout
Le programme prévoit la production locale de matières premières végétales pour l’alimentation animale. S’y ajoutent une usine moderne de fabrication d’aliments pour volailles, des couvoirs, des poussinières et des fermes de ponte. Enfin, un abattoir industriel aux standards internationaux complétera le dispositif.
En contrôlant chaque étape, SONOCO vise une meilleure efficacité économique. De plus, cette intégration renforce la résilience de l’ensemble de la filière face aux chocs extérieurs.
Quinze millions de poulets par an : l’autosuffisance en ligne de mire
Les objectifs annoncés donnent la mesure de l’ambition. Avec une production annuelle appelée à dépasser quinze millions de poulets de chair, le Gabon pourrait atteindre l’autosuffisance sur ce segment. L’enjeu est donc considérable pour un pays encore largement importateur.
Au-delà de l’alimentation, l’impact attendu est aussi social. À l’image de la Guinée, où la filière SONOCO génère déjà « près de quatre mille emplois », le projet gabonais créera plusieurs milliers d’emplois dans l’agriculture, l’élevage, la transformation et la logistique.
Une coopération Sud-Sud aux dimensions géopolitiques
L’autre dimension de ce partenariat réside dans sa portée symbolique. À l’heure où l’Afrique cherche à renforcer ses échanges intra-continentaux, la coopération entre Libreville et Conakry illustre un nouveau paradigme. Celui d’une Afrique qui investit en Afrique et bâtit ses propres chaînes de valeur.
Les procédures administratives et foncières sont désormais engagées avec les ministères concernés. Par conséquent, les premières infrastructures devraient être opérationnelles dans les prochains mois.
Un signal pour tout le continent
Dans un contexte mondial marqué par les tensions alimentaires et la fragilité des approvisionnements, ce projet prend une portée qui dépasse les frontières gabonaises. Il illustre une conviction croissante : la souveraineté économique de l’Afrique passera autant par son agriculture que par ses mines.
Le partenariat Gabon-SONOCO pourrait ainsi devenir l’un des exemples les plus aboutis de coopération Sud-Sud au service de la transformation économique africaine.


























