Un an après la dénonciation de l’Accord de partenariat de pêche durable (APPD), Libreville et Bruxelles cherchent activement à renouer. Réunies le 8 juin 2026 à Libreville, les deux parties ont tenu un Dialogue de partenariat centré sur l’avenir de leur coopération halieutique.
Des clarifications engagées en vue de solutions communes
Lors de cette rencontre officielle, les représentants des deux parties ont abordé directement la question de la dénonciation. Selon le communiqué conjoint lu par le porte-parole du gouvernement gabonais, le Pr Charles Edgar Mombo, « des clarifications ont été apportées avec l’objectif d’aboutir à des solutions mutuellement bénéfiques dans le domaine de la pêche durable ».
Cette formulation traduit une volonté commune de dialogue constructif. En effet, malgré la décision unilatérale de Libreville en juin 2025, les deux parties maintiennent ouvert le canal des négociations.
Pourquoi Libreville a dénoncé l’accord
À l’époque, le gouvernement gabonais estimait que le partenariat ne répondait plus à ses ambitions économiques. Les autorités dénonçaient notamment des compensations financières jugées insuffisantes. Ces compensations ne reflétaient pas la valeur réelle des captures effectuées dans les eaux du Gabon par l’UE.
Par ailleurs, les coûts liés à la surveillance des activités de pêche pesaient lourdement sur le Gabon sans compensation de l’UE. Ainsi, le bilan économique global apparaissait déséquilibré au détriment de Libreville.
Un déficit industriel reproché aux partenaires européens
Au-delà des questions financières, le Gabon déplorait l’absence d’une industrie locale de transformation. Les partenaires européens étaient accusés d’une implication limitée dans le développement de la filière halieutique nationale.
Pourtant, c’est précisément cette valeur ajoutée locale que Libreville souhaitait voir émerger. Faute d’investissements suffisants, les retombées en termes d’emplois et de transfert de compétences restaient marginales.
Une question de souveraineté nationale
Au-delà des enjeux économiques, la dénonciation de l’APPD s’inscrivait dans une stratégie plus large. Le Gabon, vis-à-vis de l’UE, entendait reprendre un contrôle accru sur l’exploitation de ses ressources marines. Cette démarche visait également à favoriser l’émergence d’une filière nationale de pêche plus compétitive.
L’accord, renouvelé en 2021 pour cinq ans, arrivait normalement à échéance en 2026. Il accordait principalement des droits de pêche au thon aux navires européens opérant dans les eaux gabonaises. Néanmoins, Libreville a choisi d’anticiper son terme pour reprendre la main.
Un cadre rénové en gestation
Malgré ces tensions, les échanges du 8 juin témoignent d’une volonté de dépasser les divergences. En privilégiant la concertation, Libreville et Bruxelles semblent désormais engagés dans une nouvelle dynamique. Ensemble, ils explorent un cadre de coopération susceptible de mieux prendre en compte les attentes gabonaises.
Aucune annonce concrète n’a toutefois été faite à l’issue de la rencontre entre Libreville et Bruxelles. Cependant, le ton du communiqué conjoint laisse entrevoir la poursuite des discussions. L’objectif affiché reste un partenariat rénové, fondé sur la durabilité, la création de valeur locale et les bénéfices partagés.


























