Le samedi 17 septembre 2022 à Kabala dans le Haut-Ogooué, le régime de Libreville a prouvé à la face du monde que Guy Nzouba Ndama devenait l’homme à abattre. Donc, un véritable danger pour sa survie et bafouer les règles élémentaires du droit ou ternir davantage la réputation d’une province victime d’un pouvoir qui lui dessert tous les jours valait mieux que de laisser tranquille un sérieux adversaire à l’élection présidentielle de 2023 mieux affûter sa stratégie.
Guy Nzouba Ndama en transportant son argent pris légalement à BGFI d’Oyo au Congo, issu de la vente d’un immeuble à Point-Noire, dans sa voiture savait pertinemment que l’autorisation lui était faite par la loi. On ne peut être à la tête de l’élaboration de lois pendant près de deux décennies et ne pas connaître les méandres de celles-ci.
Selon le Code des douanes de la CEMAC, il n’y a pas délit de transporter autant d’argent qu’on veut du Congo au Gabon, car le même espace monétaire en fait un seul pays. L’unique exigence faite est la déclaration, à défaut le mis en cause paie une amende. Cette réalité est légion dans nos ports, aéroports et frontières terrestres. Le secret de la procédure est de mise, car les douaniers et les gendarmes sont assermentés pour cela.
Cependant, les gendarmes à Kabala nous ont prouvé que la présomption d’innocence avait sciemment disparu de la mémoire des uns et des autres puisqu’ils avaient en face Guy Nzouba Ndama : l’homme à abattre.
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On est parti d’une question douanière et administrative à un problème judiciaire. La gymnastique a exclu l’image de la violation flagrante des droits du président du parti Les Démocrates, la crainte du qu’en-dira-t-on.
Pourquoi tant d’absence de respect du droit ?
Deux raisons peuvent justifier ce spectacle politiquement orchestré par les donneurs d’ordres comme les ont appelés Les Démocrates lors de leur conférence de presse du 20 septembre dernier à leur siège du Bas de Gué gué.
Le Haut-Ogooué et les altogovéens sont devenus des victimes de toutes les humiliations pour avoir eu l’exécutif dans leurs rangs. Tous ceux qui prennent des distances avec cet exécutif deviennent persona non grata, nonobstant leurs faits d’armes.
Ainsi, à ce sujet, la jurisprudence est très éloquente : de Jean Ping en 2015 avec sa pré-campagne marquée par des arbres coupés sur son chemin d’Okondja ou Aboumi; l’incendie de la maison de Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, dans la foulée de l’arrivée de « l’invité indésirable Alexandre Barro Chambrier » ; enfin le cas Guy Nzouba Ndama. Rien de ce qui arrive à Guy Nzouba Ndama ne peut être anodin et c’est une lapalissade de le dire.
Lemboumba Lepandou et Nzouba Ndama ont mérité un châtiment plus conséquent que les deux autres susmentionnés au motif qu’ils aient décidé de combattre cet exécutif dont ils ont été les grands architectes en 2009.
Lemboumba Lepandou a dû actionner son réseau de la France Afrique auprès de Nicolas Sarkozy tandis que Nzouba Ndama garantissait le ralliement intérieur auprès de tous ceux du sud. Les deux ont fini par prendre le large en 2016. Les passerelles créées pour les ramener dans les rangs n’ont abouti à aucun succès.
En effet, le poste de vice-président de la République longtemps proposé à Moukombo a obtenu une fin de non-recevoir trois mois avant l’épisode de Kabala.
L’autre raison qui met en difficulté l’homme de Lolo Wagna avec le pouvoir : sa force politique
La deuxième raison qui fait de Guy Nzouba Ndama un danger pour le régime de Libreville est sa force politique.
Les nombreux débauchages de certains de ses anciens camarades n’ont pas altéré son statut de président de la deuxième force politique gabonaise. Au contraire, il a qualifié cela d’achat des gens sans plan d’avenir pour un pays qui leur a tout donné.
Partant de cette réalité, Guy Nzouba Ndama ne peut que faire peur, car il aura toujours un mot à dire qui compte quant aux futures joutes électorales de 2023.
Sa détention en résidence surveillée au plan juridique ne s’explique pas, ni ses deux procès. Guy Nzouba Ndama fait peur donc il est devenu l’homme à abattre politiquement.
Par Roland OLOUBA OYABI, Journaliste