En dépit des appels répétés à une réduction du train de vie de l’État, les priorités actuelles des autorités de la Transition semblent diverger de cette aspiration partagée par de nombreux Gabonais. « La maîtrise des dépenses publiques » n’apparaît guère comme une urgence, à en juger par les nouvelles orientations financières concernant la Présidence dont la masse salariale augmente de 700 millions de FCFA.
Depuis plusieurs mois, les nominations en série, validées en Conseil des ministres, annonçaient une montée en puissance des effectifs du Palais du bord de mer. Cette dynamique se confirme dans le projet de loi de Finances 2025, qui prévoit une augmentation de l’effectif de la Présidence de 1219 à 1419 agents, soit une progression de 200 postes. « Ce renforcement notable de la masse salariale présidentielle » aura nécessairement des répercussions sur le budget global de cette institution emblématique rappelle notre confrère de Directinfosgabon.
Ainsi, le budget salarial de la Présidence est appelé à évoluer de manière significative, passant de 5,5 milliards de francs CFA en 2024 à 6,2 milliards en 2025. Cette augmentation de 700 millions de francs représente un investissement considérable pour la première institution du pays. Ce choix budgétaire interroge dans un contexte où des efforts de rationalisation des dépenses publiques sont souvent prônés par la classe politique et la société civile.
Pour mémoire, il convient de rappeler que sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, une décision radicale avait été prise en 2018 pour alléger les charges salariales du Palais. Lors du Conseil des ministres du 29 juin 2018, le président déchu avait procédé à une réduction d’environ 40 % des effectifs jugés pléthoriques. Une centaine de conseillers et autres collaborateurs avaient ainsi été renvoyés vers leurs administrations d’origine, contribuant à une baisse notable des coûts.
Aujourd’hui, avec la hausse prévue des effectifs, le gouvernement de Transition semble opter pour une approche différente, priorisant le renforcement du personnel présidentiel malgré les contraintes budgétaires. Cette décision suscite des interrogations légitimes, notamment sur la nature et l’impératif de ces recrutements. « Alors que le peuple réclame des signes tangibles de sobriété dans la gestion des deniers publics », cette orientation pourrait être perçue comme un décalage entre les attentes citoyennes et les choix de l’administration alerte notre confrère.
Face à ces enjeux, les observateurs attendent des explications de la part des autorités de la Transition quant aux justifications de ces embauches qui augmente la masse salariale de la Présidence, et espèrent des éclaircissements sur la stratégie économique de l’État. La population reste, quant à elle, attentive aux évolutions à venir, espérant des actions en faveur d’une gestion plus efficiente et durable des ressources publiques.

























