En ce 1er novembre 2024, jour de la Toussaint, la politique gabonaise est frappée en plein cœur : Adrien Nkoghe Essingone, figure emblématique de l’ère Omar Bongo, a rendu son dernier souffle à Libreville, laissant derrière lui le parfum mélancolique d’un passé désormais révolu. L’ancien ministre d’Omar Bongo, pilier du Parti démocratique gabonais (PDG), s’éclipse alors que le jour s’achève, porté par un arrêt cardiaque à 23h 30, à un mois de ses 80 ans.
Adrien Nkoghe Essingone, homme d’État au charisme indéfectible et à la stature imposante, aura incarné pour beaucoup la stabilité et la force d’une époque où le Gabon naviguait sous le drapeau de la continuité. Jadis ministre de l’Habitat, il a occupé la fonction stratégique de Directeur général de la Caisse de stabilisation et de péréquation (Caistab), un poste clé qui le liait intimement aux rouages économiques du pays. Mais voilà que, comme une page tournée d’un livre déjà jauni par les ans, son départ marque la fin d’une génération et résonne comme un écho d’adieu à une ère qui s’efface.
Sa mort survient un peu plus d’un an après le renversement du régime Bongo, qui avait autrefois fait de lui un membre influent du bureau politique et député du Komo-Océan.
Dans le flot de sa longue carrière politique,’il a été Vice-Président 3 de l’Assemblée nationale entre 2011 et 2018 après avoir été 3e Secrétaire du Bureau de l’Assemblée nationale entre 2007 et 2011.
Aujourd’hui, il laisse une empreinte indélébile sur la mémoire collective du Gabon, l’image d’un homme dédié à la patrie, pour qui la politique n’était pas seulement une carrière mais un sacerdoce.
Il laisse derrière lui une grande famille dévastée qui va devoir affronter la vie sans sans lui.
Ce décès, en cette journée symbolique de la Toussaint, revêt des allures quasi-mystiques, comme si, lui-même profondément enraciné dans l’âme gabonaise, il avait choisi cet instant de recueillement pour tirer sa révérence. À l’heure où le pays se recueille, c’est un géant politique qui s’éloigne dans le crépuscule, emportant avec lui les vestiges d’une époque, celle du Gabon d’Omar Bongo, désormais couchée au tombeau de l’Histoire .












































