À mesure que les tambours électoraux résonnent dans les contrées gabonaises, le Parti démocratique gabonais (PDG), autrefois colonne vertébrale du pouvoir, semble pris dans une nasse tissée avec art. Deux têtes, deux capes : l’une portée par Blaise Louembe, l’autre par Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Une scission qui, en pleine saison de semailles politiques, rappelle qu’un champ divisé attire toujours les rapaces de la victoire.
Mais voilà que l’aile Louembe, après avoir tendu la main au président de la Transition lors de la présidentielle 2025, se retrouve sur une pente savonneuse. Sa requête, transmise au juge des référés pour être relayée à la Cour constitutionnelle, aurait mystérieusement disparu dans les couloirs feutrés du palais de justice. Une missive importante, égarée comme une lettre sans timbre, en plein vent de manœuvres électorales ?
Des indiscrétions glanées dans les couloirs parfumés de Libreville soufflent qu’Angélique Ngoma serait tombée des nues en découvrant que le précieux sésame n’avait jamais atterri à la haute juridiction. Une panne informatique, dit-on, aux nouvelles fuitées du bureau du juge des référés. Mais dans un pays où les opérateurs crient haut et fort à la fibre triomphante, comment croire que la justice, elle, rame encore à la bougie numérique ?
« Quand on veut égorger le coq, on dit qu’il a chanté faux », murmure-t-on dans les chaumières. Le PDG serait-il ce coq dont on aiguise les lames en douce ? Le temps presse : les candidatures s’enregistrent depuis le 27 juillet et la guillotine du 7 août approche. Si le juge constitutionnel avait reçu la requête dans les temps, la décision aurait peut-être déjà tranché. Alors, qui tire les ficelles dans l’ombre ? Qui souhaite salir le témoignage du chef de l’État soucieux d’une bonne image de son magistère ? Qui souhaite bafouer son plébiscite de l’élu du peuple du 12 avril dernier ? Le loup serait-il dans la bergerie ?
Certains, à mots couverts, estiment que le PDG a trop vécu. Mais pourquoi ne pas le défier loyalement dans l’arène, plutôt que de lui glisser une peau de banane procédurale sous les pieds ? Empêcher un parti de concourir par des manœuvres de cabinet revient à voler un combat en pleine nuit.
Dans ce théâtre d’ombres, une autre silhouette vacille : celle du juge constitutionnel. Serait-il pris malgré lui dans une partie d’échecs où il n’est qu’un pion déplacé à reculons ? Et si une main noire, habile à maquiller ses traces, tirait les rideaux sur le PDG au moment où il s’apprête à remonter sur scène ?
Ce qui étonne, c’est que le camp Louembe ne s’est pas contenté de regarder le navire passer : il a mis son expertise au service de la Transition. Le remercier par une éviction serait comme gifler le marin qui tient la barre en pleine tempête. Avec les crises sociales non encore véritablement résolues à Plaine-Orety, aux Bas de Gué-Gué ou au Carrefour SNI, ajouter une crise politique relèverait de l’incendiaire qui souffle sur la braise.
Au fond, l’exclusion du PDG serait-elle un remède ou un poison lent ? En ces temps où le Gabon cherche à reconstruire ses fondations, il serait dommage que la démocratie soit sacrifiée sur l’autel des calculs de coulisse . Ne dit-on pas dans Proverbes 14: 34 que : » La Justice élève une nation, mais le péché est la honte des peuples ? » Bonne méditation.


























