La ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, Gninga Chaning Zenaba, a récemment reçu les dirigeants de GAIN, une société spécialisée dans le financement et l’accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des porteurs de projets. Cette audience marque une volonté institutionnelle forte d’intégrer l’expertise du secteur privé pour revitaliser le tissu économique local.
Au centre des discussions se trouvait la proposition de GAIN de formaliser un partenariat stratégique avec le ministère. L’objectif principal est de s’ancrer durablement dans la mise en œuvre du programme national « Oser Mon Projet » et de contribuer aux futures initiatives visant à professionnaliser et à sécuriser le financement des jeunes entreprises gabonaises.
Cette rencontre n’est pas anodine ; elle reflète une adaptation pragmatique de la politique économique gouvernementale face aux défis structurels du chômage et de la précarité. La ministre Zenaba a habilement articulé cet engagement privé avec la vision présidentielle portée par Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, insistant sur la nécessité d’une économie « dynamique et inclusive ».
– Passer de l’Incitation à l’Action : Le programme « Oser Mon Projet » est une initiative louable de soutien à l’auto-emploi. Cependant, les programmes gouvernementaux souffrent souvent d’un déficit de financement pérenne et d’une exécution trop bureaucratique. L’arrivée de GAIN, en tant qu’acteur financier externe, suggère une tentative de pallier ces faiblesses en apportant des mécanismes de financement plus agiles et une expertise en due diligence (vérification préalable) des dossiers.
– La Professionnalisation comme Clé : L’accent mis sur la « professionnalisation » des PME est crucial. Souvent, les petites entreprises échouent non par manque d’idées, mais par carences en gestion, en comptabilité et en stratégie commerciale. Un partenaire comme GAIN apporte cette couche de savoir-faire managérial indispensable pour transformer un projet pilote en une entreprise viable et créatrice d’emplois durables.
Si l’alignement des objectifs est positif, la réussite de ce partenariat dépendra de sa structure. La critique constructive réside dans la manière dont l’État garantira que l’intervention de GAIN serve véritablement l’intérêt général, sans créer de rente privée ni biaiser la concurrence.
Il est impératif que cet accord définisse clairement des indicateurs de performance (KPIs) mesurables, notamment sur le taux de survie des entreprises financées et le niveau d’emplois créés pour les jeunes diplômés. De plus, le ministère doit veiller à ce que l’accès au financement ne se concentre pas uniquement sur les PME déjà structurées, mais qu’il atteigne réellement les couches les plus vulnérables de la population, en lien avec les mandats de la Direction générale de lutte contre la pauvreté.
Cette alliance entre le ministère et GAIN est une étape prometteuse, mais elle doit se traduire rapidement par des déblocages concrets de fonds et des succès entrepreneuriaux visibles pour consolider la confiance dans la transformation économique nationale.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























