La Coalition pour la Nouvelle République (CNR), accompagnée de ses alliés politiques Ensemble pour le Gabon (EPG) et RÉAGIR, a tenu samedi 7 mars 2026 une conférence de presse majeure à Libreville. Cette rencontre marque un tournant dans l’opposition au régime de transition dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema depuis le coup d’État du 30 août 2023.
Une coalition élargie face au pouvoir
Benoît Mouity Nzamba, porte-parole de la CNR, a lu une déclaration au nom de six partis membres (PGP, CDJ, URDP, PNPT, ACR, PDN) et de leurs partenaires. Cette alliance représente désormais une force politique significative dans le paysage gabonais post-coup d’État.
La coalition dresse un bilan sévère de la gouvernance actuelle. Selon les opposants, l’enthousiasme initial qui avait suivi la chute d’Ali Bongo Ondimba s’est transformé en désillusion généralisée. Les critiques portent sur plusieurs fronts : promesses non tenues concernant l’emploi des jeunes, difficultés d’accès au crédit pour les entrepreneurs, gestion opaque de la dette publique.
Des critiques sociales documentées
Les intervenants ont détaillé les difficultés quotidiennes des Gabonais. L’inflation persistante affecte le pouvoir d’achat des ménages. Le système de santé connaît des dysfonctionnements chroniques, tandis que l’éducation nationale peine à répondre aux besoins. La situation des étudiants gabonais à l’étranger, souvent privés de bourses ou confrontés à des retards de paiement, illustre selon eux l’incapacité du régime à gérer les priorités nationales.
L’appel à l’unité de l’opposition
Alain-Claude Bilie-By-Nze, figure emblématique de l’opposition et ancien Premier ministre, a lancé un appel solennel à la structuration des forces opposées au régime. « Nous demandons aux Gabonais de soutenir l’opposition nationale pour qu’elle joue pleinement son rôle en vue d’une transformation au service du plus grand nombre », a-t-il déclaré.
L’ancien chef du gouvernement plaide pour un rassemblement incluant non seulement les partis politiques, mais également les organisations de la société civile. « Il faut qu’en face du pouvoir il y ait une force organisée capable de proposer une alternative crédible », a-t-il insisté.
Le droit de manifester réaffirmé
Francis Hubert Aubame, président du Parti Souverainistes-Écologistes (PSE) et membre de la CNR, a défendu le droit constitutionnel de manifestation. « La manifestation fait partie des moyens d’expression du peuple. Appeler à manifester, ce n’est pas appeler à la sédition, c’est appeler à l’exercice d’un droit fondamental », a-t-il souligné.
Cette déclaration intervient dans un contexte tendu, marqué par l’arrestation de plusieurs journalistes et syndicalistes. L’opposition dénonce un climat de répression croissant.
Un régime en perte de popularité
Les observateurs politiques notent effectivement un effritement du soutien populaire au général Oligui Nguema. La ferveur patriotique qui avait accompagné la fin du règne Bongo semble s’être dissipée face aux réalités économiques et sociales persistantes.
La coalition CNR-EPG-RÉAGIR entend capitaliser sur ce mécontentement pour construire une alternative politique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer la capacité de mobilisation réelle de cette opposition réunifiée et la réponse du régime de transition face à cette contestation grandissante.


























