Jean De Dieu Moukagni Iwangou, ancien ministre sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba entre 2019 et 2020, autrefois une figure éminente de l’opposition, vivrait désormais dans une précarité alarmante. Dans un entretien accordé au journaliste gabonais Chamberlain Moukouama via les réseaux sociaux, l’ex-ministre a révélé son dénuement. Marginalisé par une décision contestable en 2014 qui l’écartait du corps de la magistrature, Moukagni Iwangou survit aujourd’hui grâce à la charité de personnes bienveillantes.
Magistrat hors hiérarchie et ancien directeur général de l’École nationale de la magistrature (ENM), Jean De Dieu Moukagni Iwangou a vu sa carrière basculer en juin 2014. Cette année-là, il est radié du corps de la magistrature pour des motifs d ‘incompatibilité supposée entre ses fonctions juridiques et son rôle à la tête de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), un parti d’opposition. Une décision prise dans la précipitation, sans procédure disciplinaire formelle.
Cette radiation brutale fut suivie de la suspension de sa rémunération, le plongeant dans une situation financière critique. Dix années plus tard, l’ancien ministre, il se retrouve contraint de compter sur la solidarité de son entourage pour subvenir à ses besoins essentiels.
Lors de son entretien, Jean De Dieu Moukagni Iwangou a exprimé avec douleur les épreuves qu’il traverse. Amaigri et visiblement affaibli, il a déclaré : « Je vis de la générosité de tout le monde. » Une déclaration qui illustre l’ampleur de la déchéance d’un ancien haut fonctionnaire, autrefois au sommet de l’appareil étatique.
Ce destin tragique n’est pas sans conséquence sur l’image de l’État gabonais. La dignité et l’honneur attachés au statut d’ancien ministre sont ici profondément atteints, permettant de planifier les interrogations sur la protection sociale et le respect des droits des serviteurs de la République.
Nommé commissaire lors du Dialogue national inclusif, il a récemment sollicité l’intervention du Général Brice Clotaire Oligui Nguema, sans succès jusqu’à présent. En dépit de cette démarche, sa situation demeure inchangée. Ce témoignage soulève des préoccupations plus larges concernant les garanties offertes aux responsables politiques après leur passage au gouvernement.
La descente aux enfers de Jean De Dieu Moukagni Iwangou interpelle sur le traitement réservé à certaines personnalités politiques dans le sillage de décisions controversées. Alors que son cas pourrait servir d’exemple pour appeler à davantage de justice et de reconnaissance, il reste à voir si le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema répondra à son appel à l’aide.












































