L’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie By Nze a marqué un tournant politique, lors de son discours à Libreville à l’occasion de la sortie officielle de la plate-forme « Ensemble pour le Gabon », en dénonçant fermement le projet de Constitution du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Son allocution a mis en lumière plusieurs points essentiels qui méritent d’être approfondis.
Tout d’abord, Bilie By Nze lance une alerte forte : « L’heure est grave, notre nation est réellement en danger ». Il établit ici un contraste saisissant entre l’unité historique du Gabon, bâtie sur l’inclusion, et les risques de division que porte le projet de Constitution actuel. En effet, il rappelle que depuis 1960, le Gabon a été un modèle de coexistence harmonieuse entre ses diverses ethnies et communautés. Cependant, selon lui, le texte proposé fragilise cette stabilité en introduisant des critères d’exclusion qui briseraient cet héritage.
Un des points cruciaux du discours concerne la définition restreinte de la citoyenneté proposée dans la nouvelle Constitution : « Ne pourront y accéder que les Gabonaises et les Gabonais « nés de père et de mère gabonais, eux-mêmes nés Gabonais » ». Par cette formulation, il souligne le caractère discriminatoire de la loi, qui exclut de nombreux citoyens gabonais pour des raisons ethniques ou familiales, remettant en cause des décennies de vivre-ensemble.
Bilie By Nze dénonce également la contradiction fondamentale du projet : « Le chef de la Transition, lui, n’est pas frappé par cette mesure discriminatoire ». Ce passage met en avant l’injustice d’un texte qui écarterait des citoyens en toute impunité, tout en permettant à certains leaders de contourner les règles établies.
Enfin, son rappel des conséquences tragiques de telles politiques est un avertissement poignant : « les mêmes causes produisent, à coup sûr, les mêmes effets », en référence aux conflits ethniques comme celui du Rwanda. Il conclut son discours par un appel à la communauté internationale et à la raison, demandant le retrait de ce texte afin d’éviter des fractures sociales et politiques profondes.
Bilie By Nze s’impose ici en défenseur d’un Gabon uni, appelant à « rectifier le tir » pour éviter de sombrer dans le chaos à cause de cette Constitution du CTRI.











































