Le fracas des armes ne résonne plus dans les rues, mais sur les réseaux. Ce 18 mai, Geoffroy Foumboula Libeka, actuel 4ᵉ vice-président de l’Assemblée nationale de Transition, est sorti de sa réserve pour riposter à l’offensive lancée par Christian Rekoula, ancien frère d’armes du Copil citoyen. « Ce qui m’inquiète, c’est cette obsession à parler de moi. Tu sembles dépendant de ma personne », a-t-il lancé, dans une publication Facebook aux allures de déclaration de guerre.
Le champ de bataille ? Le cyberespace. Les armes ? Les mots. Et les combattants ? Deux figures emblématiques d’un mouvement autrefois soudé, le Copil citoyen, aujourd’hui déchiré par la divergence des trajectoires. Foumboula accuse Rekoula de verser dans une « dépendance obsessionnelle », le soupçonnant de se nourrir de critiques pour exister, tel un soldat errant en quête d’ennemi à abattre.
Cette empoignade virtuelle fait suite à une charge de Christian Rekoula, aujourd’hui réfugié en France, qui n’a pas hésité à qualifier Foumboula de « traître ». Dans une salve de reproches, il l’accuse de « manipuler le peuple » et de renier les principes qu’ils défendaient ensemble : « vérité, justice et transparence financière ». Une trahison, selon lui, de l’idéal citoyen pour lequel ils avaient naguère combattu côte à côte.
Touché mais non abattu, Geoffroy Foumboula contre-attaque. Il évoque des attaques concertées, venues tant de l’ancien régime que de la diaspora militante, l’accusant tour à tour de tiédeur ou de compromission. « Des membres de l’ancien système me reprochent mes réserves, pendant que certains activistes de la diaspora gabonaise m’attaquent pour mon soutien à la Transition et à Brice Oligui Nguema », rappelle-t-il, comme pour situer son front dans une guerre aux multiples foyers.
Puis, tel un général marquant ses positions, il distingue nettement leurs chemins : « Toi, tu es entré dans la société civile parce que Gabon 24 te devait de l’argent. Moi, je m’y suis engagé bien avant, sans avoir de compte à régler, uniquement pour défendre des causes justes. En quoi nos destins seraient-ils liés ? »
Dans un ultime tir nourri, Foumboula invite son ex-compagnon à rompre les amarres : « Mène ton combat et cesse de parler de la personne sans valeur, vendue, méchante que je suis à tes yeux. » Il affirme s’être désabonné de la page de son ancien allié, refusant d’être l’otage des « calomnies et invectives ».
Mais la contre-offensive ne tarde pas. Rekoula, le verbe affûté comme une baïonnette, revient à la charge : « Donc jeune loup aux dents extrêmement aiguisées, ferme-là ! Sois poli et mange. Retiens qu’à table on ne mange pas la bouche pleine. » Avant de frapper là où cela fait mal : « 3M et Oligui t’ont fabriqué… tu dépends d’eux… Voilà encore l’un des points qui nous différencie. »
L’alliance des temps glorieux n’est plus qu’un souvenir. Les frères de lutte d’hier, Foumboula et Rekoula sont devenus des ennemis d’aujourd’hui, livrant une guerre sans merci, dont le théâtre n’est autre que le vaste champ de bataille numérique.










































