Le 1ᵉʳ mars, l’aube s’est levée sur un Iran meurtri. Au lendemain des frappes américano-israéliennes ayant visé le territoire iranien, les médias d’État ont confirmé la mort d’Ali Khamenei. À 86 ans, celui qui incarnait depuis 1989 la colonne vertébrale de la République islamique s’est éteint, laissant derrière lui un pays sonné, comme figé dans un silence d’orage.
Pendant trente-six ans, il aura été la voix grave au sommet de l’édifice, le gardien du cap dans la tempête. Sa disparition résonne comme la chute d’un minaret dans le paysage politique iranien. Dimanche, le pouvoir a décrété quarante jours de deuil national et sept jours fériés, suspendant le rythme du pays pour laisser place au recueillement. Les drapeaux se sont inclinés, les écrans se sont couverts de noir, et les images d’archives ont défilé comme un album de souvenirs que l’on feuillette avec gravité.
À l’aube, un présentateur de la télévision d’État, la voix nouée par l’émotion, a annoncé la nouvelle. Dans une déclaration solennelle, il a affirmé : « Avec le martyre du guide suprême, sa voie et sa mission ne seront ni perdues ni oubliées; elles seront au contraire poursuivies avec davantage de vigueur et de zèle ». Les mots, lourds de ferveur, ont traversé les foyers comme un écho sacré.

Quelques heures plus tard, la chaîne publique a renouvelé l’annonce avec une emphase presque liturgique : « La grande nation iranienne, le grand esprit de la grande nation iranienne, le grand leader de la nation islamique, l’imam Khamenei a rejoint le royaume suprême en buvant le nectar du martyre pendant le mois sacré du ramadan « . La formule, ample et répétitive, a élevé la disparition au rang de mythe, transformant la mort en passage céleste.
Les frappes ayant visé sa résidence à Téhéran n’ont pas été évoquées officiellement, laissant planer une ombre muette sur les circonstances exactes du décès. Mais au-delà des silences, l’émotion domine. L’Iran entre dans quarante jours d’introspection, un temps étiré comme une prière interminable, où l’histoire retient son souffle. Une page se tourne, lourde d’encre et de symboles, tandis que la nation cherche déjà, dans la pénombre du deuil, la lumière de son prochain chapitre.


























