Animée par une volonté ardente de jeter des passerelles entre les journalistes africains et européens, tout en aiguisant la plume et l’esprit critique des professionnels du continent, l’Organisation non gouvernementale Médias et Démocratie s’impose, depuis 2016, comme une sentinelle du dialogue entre les rédactions du Nord et du Sud.
Fondée par les journalistes Olivier Piot, Désiré Ename et Manoubi Marouki, respectivement Directeur exécutif, Directeur-Gabon et Directeur-Tunisie, cette plateforme de coopération se veut l’atelier où se forgent les outils d’une presse libre, responsable et actrice des transitions démocratiques africaines.
Une approche à double dimension
La force du programme réside dans son alchimie méthodologique, un mariage fécond entre enracinement local et ouverture internationale. D’un côté, les ateliers menés dans plusieurs capitales africaines deviennent des laboratoires de réflexion, où de jeunes reporters polissent leur savoir-faire : éthique journalistique, vérification des sources, usage éclairé de l’intelligence artificielle ou encore protection numérique.
De l’autre, une immersion en France, dans une ville différente chaque année, agit comme une bouffée d’oxygène intellectuelle. Les participants plongent dans le cœur battant des rédactions européennes, observent les mécanismes de la démocratie médiatique et s’enrichissent de pratiques nouvelles. Plus qu’une formation, le dispositif s’apparente à une agora moderne, un carrefour d’idées où se mêlent curiosité, rigueur et fraternité professionnelle.
Les passerelles symboliques entre Yaoundé et Bordeaux, Tunis et Bordeaux, Nouakchott et Marseille, ou encore Dakar et Strasbourg, racontent cette symphonie de savoirs partagés, cette alliance des plumes et des convictions.
Le Gabon entre dans la dynamique
Présent par ricochet via le Cameroun depuis les débuts du programme, le Gabon a rejoint directement cette aventure en octobre 2025 avec la première session « Libreville-Montpellier ». Huit journalistes gabonais, issus de Gabon Média Time, Gabon Première, Gabon 24, Jades Info 241 et de médias indépendants, épaulés par deux confrères camerounais, ont pris part à cette édition placée sous le thème évocateur : « Une information indépendante, fiable et de qualité ».
Le journaliste, cœur battant des transitions démocratiques
Pour Olivier Piot, co-fondateur du programme, cette initiative repose sur une conviction profonde : « L’idée est de rehausser le professionnalisme des journalistes africains. Nous avons souhaité créer des outils favorisant les échanges entre confrères africains et européens. C’est ainsi qu’est née Médias et Démocratie », confie-t-il.
Avant d’ajouter : « L’objectif est d’amener les journalistes africains à jouer pleinement leur rôle dans les transitions démocratiques : les promouvoir, les défendre et les accompagner. Le journaliste demeure, à ce titre, un maillon essentiel de toute société libre. »
Porté par cette vision, le fondateur nourrit un rêve d’envergure : voir éclore un média panafricain libre, indépendant et exigeant, un phare médiatique au milieu des tempêtes politiques, animé par des professionnels conscients de leur mission citoyenne.
Une ambition partagée par Martial Idoundou, Directeur adjoint de l’ONG au Gabon, pour qui médias et démocratie sont les deux poumons d’un même corps : « Médias et démocratie sont deux réalités intimement liées. Il n’existe pas de démocratie sans médias libres, ni de médias de qualité sans démocratie », a-t-il souligné.
À ses yeux, cette démarche s’articule en deux temps : une formation théorique en Afrique, suivie d’une immersion en France, au sein d’une école de journalisme et d’un grand média partenaire, un double souffle, à la fois continental et universel, pour réaffirmer que la liberté de la presse demeure l’oxygène de toute démocratie vivante.

























